Animation / France, Espagne

BLACK IS BELTZA II : AINHOA

Vingt ans après le premier opus, le film raconte, sous la forme du voyage initiatique de son héroïne Ainhoa, la fin de la Guerre froide et la répression policière espagnole face à une nouvelle génération d’activistes basques ayant soif de musique et de liberté.

ANNÉE
RÉALISATION
SCENARIO
AVEC
FICHE TECHNIQUE
DATE DE SORTIE

2022

Fermin MUGURUZA

Harkaitz CANO, Fermin MUGURUZA, Isa CAMPO

1h20 – Couleur –  Dolby Digital 5.1

16 Novembre 2022

NOTE DU RÉALISATEUR

La fin de “Black is Beltza” laissait la possibilité d’une suite d’aventures que le même protagoniste, Manex, mélange de pirate et justicier romantique, pourrait exécuter à la fin des années 60 ou dans les années suivantes; toujours plongé dans des événements où interviennent des personnages réels et inventés. La tentation était forte avec 1968 en embuscade et une décennie 70’s bien animée. Cependant, ma carrière a toujours été marquée par des ruptures et des changements inattendus. Ainsi, ce n’est pas la suite des aventures de Manex que l’on retrouve dans ce deuxième opus mais celles de sa fille : Ainhoa, après une ellipse de 21 ans.

À PROPOS DU FILM

AINHOA

 

Dans cette seconde partie de la saga “Black is Beltza”, une jeune de 21 ans sera témoin du résultat des derniers souffles de la guerre froide. À travers son regard, nous observerons les conflits qui ont marqué le crépuscule d’une décennie et ce que certains ont appelé la fin de l’histoire. On a beaucoup parlé des années 80, on en est arrivé jusqu’à la mystification de cette décennie, même si elle faisait partie des années de plomb dans beaucoup de territoires. Il est de fait que, dans de nombreux cas, leur cruauté n’est pas mise en perspective. En ce sens, ce nouvel opus de “Black is Beltza” montrera comment les problèmes du monde convergeaient, comment le local et le global étaient interconnectés et pourquoi l’expression mondialisation a commencé à être utilisée précisément l’année où se déroule notre nouvel épisode, en 1988.

 

CONTEXTE

 

Comme dans la première partie, ce voyage sera également celui du protagoniste. De nouveau, ce sera un voyage initiatique, mais pas avec une mission à accomplir, sinon que la structure narrative sera marquée par les protagonistes affrontant une succession de difficultés de plus en plus grandes et à cheval sur les événements. Ainsi, ils devront se déplacer dans un monde où apparemment les grands conflits sont en voie de règlement (la guerre Irak-Iran, Afghanistan, la guerre civile au Líban, le processus de paix imminent à Alger entre ETA et le gouvernement espagnol), mais où en réalité il y a plus de conflits qu’il n’y paraît.

 

L’ÉCRITURE DU SCÉNARIO

 

Comme dans la première partie, nous avons écrit le scénario à quatre mains Harkaitz Cano et moi. Une fois encore, la documentation de l’époque a été exhaustive: documentaires, livres, films, photographies… La différence ici est que tout est imprégné de mes expériences personnelles, parce qu’en 1988, j’avais 25 ans.

Si dans la première partie le troisième scénariste était Eduard Sola, dans la seconde nous avons pu compter sur la collaboration d’Isa Campo.

Scénariste, productrice et réalisatrice de film, elle a remporté avec Isaki Lacuesta deux conchas d’or pour les films Los pasos dobles et Entre dos aguas. Isa Campo a été chargée de véhiculer l’intrigue à travers les émotions, en cherchant une pointe de thriller orientée par les personnages, mais à son tour très réaliste.

Les protagonistes acquièrent ainsi plusieurs niveaux: ceux qui disent, ceux qui pensent, les illusions, ceux qui savent, ceux qui ignorent et ceux qui se taisent.

LA VIE ET LA MORT DANS LES ANNÉES 80

L’intensité avec laquelle nous vivions ces années contrastait avec la mort prématurée qu’elle incarnait comme sinistre invitée. Au Pays Basque, nous avions la combinaison parfaite : les attentats d’ETA, la guerre sale, la répression, l’afflux massif d’héroïne de grande qualité, la menace du SIDA.
La mort de mon frère Iñigo en septembre 2019, compagnon musical depuis 1984 avec notre premier groupe ska-punk Kortatu, m’a causé une profonde tristesse. Iñigo avait 54 ans et j’ai beaucoup réfléchi à cette génération de musiciens de l’époque Kortatu avec qui nous partagions alors la scène. Aucun de ces groupes n’a tous ses membres vivants: La Polla a perdu son batteur suite à un arrêt cardiaque, Gavilán (Tijuana in Blue) s’est suicidé, et les autres musiciens des autres groupes ont été décimés par l’héroïne ou le SIDA. Ainsi, le groupe avec lequel nous avons le plus joué, Cicatriz, a perdu ses 4 membres ; Eskorbuto 2 sur les 3 ; RIP 3 sur les 4; Vulpess son batteur ; Vómito son chanteur et aussi mon meilleur ami depuis l’école, Biktor Pérez…
Etait-ce l’afflux massif d’héroïne prévu par les appareils de l’État pour démobiliser une jeunesse rebelle et combative ? Qui d’autre était impliqué dans cette stratégie politique et ses profits conséquents ? Quels étaient les itinéraires empruntés par les narcotrafiquants ? Dans quelles autres parties du monde ce phénomène s’est-il produit et pourquoi ?
Ces questions sont toujours sans réponses et “Black is Beltza: Ainhoa”, en plus d’avoir une bande originale qui rend hommage à cette époque, vous permettra d’apporter votre contribution à ce débat.

UNE NOUVELLE EXPRESSION DANS L'ANIMATION

L’animation pour adultes devient progressivement une nouvelle technique pour raconter des histoires. Si auparavant ce type de production se faisait au compte-gouttes (“Persepolis”, 2007 ; “Valse avec Bachir”, 2008 ; “Chico et Rita”, 2010 ; “La Tête en l ’Air”, 2011 ; “Psiconautas”, 2015 ; “La Tortue Rouge”, 2016), à partir de 2018, plus de 10 films d’animation pour adultes sont sortis au niveau international et des prix spécifiques à l’animation ont été mis en place comme les prix Quirino hispano-américans (troisième édition en 2020) et les prix européens Emile Awards (première cérémonie en décembre 2017).
C’est encore l’animation qui encadre le documentaire sur la vie du leader de Nirvana (“Kurt Kobain, Montage of Heck”, 2016), cette technique est utilisée pour raconter les moments d’angoisse existentielle qui ont engendré son répertoire, aussi l’utilisation de l’animation a souvent été utilisée dans des films musicaux de fiction ou des documentaires, comme dans certains films de références comme “The Great Rock ‘n’ Roll Swindle” (1980) sur les Sex Pistols et “The Wall” (1997) des Pink Floyd.

En outre, une troisième voie est en cours de développement qui se situe entre l’hégémonie de Disney/Pixar/Dreamworks et le célèbre studio japonais Ghibli. Les nouveaux langages esthétiques en animation “Another Day of Life” (2018), “J’ai perdu mon corps” ou encore “Les hirondelles de Kaboul”, tous les deux de 2019, s’y affirment comme un courant nouveau dans lequel s’inscrit “Black is Beltza”.

Comme le disait le précurseur de l’animation basque Juanba Berasategi, à qui, après sa mort, nous avons dédié la première partie de “Black is Beltza”, “l’animation est un exercice de résistance”, et avec “Black is Beltza II: Ainhoa”, nous continuons à suivre ce chemin.

AINHOA ET JOSUNE

AINHOA

 

Ainhoa est née miraculeusement le 9 octobre 1967 après la mort de sa mère, dans un attentat  maquillé en accident de voiture, en Bolivie, le même jour que l’assassinat de Che Guevara.

Élevée à Cuba en l’absence de son père, basque, qui ne lui rend visite que par intermittence; elle a 18 ans quand commence l’histoire en 1985.

Étudiante aux Beaux-Arts, elle est passionnée par la photographie, la danse et la musique ; avec un engouement particulier pour certains artistes comme Frida Khalo, Benny Moré ou encore Bob Marley.

Ses passions ne s’arrêtent pas là : c’est une adepte des arts-martiaux et elle pratique la Santeria. Elle se reconnaît dans cette religion cubaine, dont elle porte une des divinités, Elagua, sous forme d’un collier protecteur.

Ainhoa n’a pas eu une vie facile, ses luttes quotidiennes se manifestent en un cauchemar récurrent. Toutefois, elle se bat chaque jour pour surmonter ses craintes.

Polyglotte, Ainhoa parle français, anglais, castillan ainsi que basque.

C’est à l’âge de 21 ans qu’elle fera son premier voyage en Europe munie de son appareil photo, un cadeau de son père. Nous découvrirons au fur et à mesure de son périple qu’Ainhoa est un personnage qui a plus d’une corde à son arc.

 

JOSUNE

 

Josune est née en 1964 à Bilbao.

Aujourd’hui elle a 24 ans et a récemment terminé ses études de journaliste.

Après avoir fait un stage dans le journal indépendant de gauche, EGIN, elle trouve un emploi là-bas.

Ses doutes sont éternels : De quel côté se situe un journaliste qui couvre une guerre depuis la tranchée ?

Peut-il changer la réalité d’après ce qu’il écrit ?

Son modèle absolu est le maître polonais du journalisme Ryszard Kapuscinski.

La musique est une autre de ses grandes passions. Elle est folle du rock radical basque de l’époque ; Kortatu, Eskorbuto, La Polla Records… son artiste internationale favorite est Nina Hagen.

Elle a déménagé à Pampelune quand elle est tombée amoureuse de Diego, un jeune punk militant du mouvement des indignés.

Luttant pour l’indépendance du Pays basque, Josune a été détenue et torturée pendant 10 jours avant d’être relâchée sans charge contre elle.

Elle rencontre Ainhoa après une charge policière, lorsqu’elle arrive à Pampelune. Tout de suite elles s’entendent parfaitement. L’amitié qui naît entre les deux filles se resserrera après la mort de Diego suite à une overdose. Josune décide alors d’accepter l’invitation d’Ainhoa pour continuer le voyage ensemble.

À PROPOS DU RÉALISATEUR

Musicien de portée internationale avec les groupes Kortatu et Negu Gorriak, puis ensuite en solitaire, il commence à réaliser des documentaires en 2006, l’année où il fonde sa propre maison de production musicale et cinématographique TALKA RECORDS & FILMS, dans laquelle il travaille comme réalisateur, scénariste, producteur et créateur de bandes sons originales.
Il est récompensé par « Checkpoint Rock » au Festival Amal de Galice comme meilleur documentaire, au Festival In-Edit de Barcelone comme meilleur documentaire pour la série Next Music Station, mention spéciale au KRAFTA DOC INTERNATIONAL – ART MAKING FILM FESTIVAL de Glasgow pour NOLA ? et meilleur film d’animation au Festival International de Monterrey pour “Black is Beltza”, ainsi que pour le meilleur design sonore pour le même film au Festival Quirino d’animation Hispano-américain.

LISTE TECHNIQUE

Réalisateur : Fermin Muguruza
Scénaristes : Harkaitz Cano, Fermin Muguruza, Isa Campo
Producteurs exécutifs : Jone Unanua, Hugo Castro Fau
Directeur de production : Miren Berasategi
Directeur d’animation : Imanol Zinkunegi
Musique originale : Maite Arroitajauregi “Mursego”
Directeurs artistiques : Beñat Beitia, Mariona Omedes
Directeur de la composition digitale : Dani Azpitarte
Création des personnages : Josep Homs, Ame Tres Voltes Rebel

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