Documentaire / Italie

CHRISTO : MARCHER SUR L'EAU

Sept ans après le décès de son épouse et complice artistique Jeanne-Claude, avec laquelle il avait empaqueté le Reichstag à Berlin ou encore le Pont Neuf à Paris, l’artiste d’origine bulgare Christo s’attelle à la réalisation de « The Floating Piers » (littéralement : les pontons flottants), sur le lac d’Iseo en Italie, une installation qu’ils avaient conçue ensemble des années auparavant, dans la droite lignée de leur projet artistique : s’emparer de monuments architecturaux ou de sites naturels pour les transformer et ainsi mieux les révéler, dans une temporalité toujours limitée.

CHRISTO : MARCHER SUR L’EAU porte un regard inédit sur le processus de création d’une œuvre de grande envergure qui attira plus de 1,2 million de visiteurs.

Présenté aux festivals de Locarno et Toronto, le film d’Andréï M Paounov est une plongée intimiste rare dans le monde hors du commun et sans compromis de Christo, où tractations entre art et politique, cauchemars logistiques et forces de la nature sont en ébullition permanente, et révèlent l’homme derrière l’artiste, dont toutes les œuvres sont auto-financées.

FIPADOC (Festival International Documentaire) 2019

ANNÉE
RÉALISATION
SCENARIO
AVEC
FICHE TECHNIQUE
DATE DE SORTIE

2018

Andreï M. PAOUNOV

Christo, Vladimir YAVACHEV

1h40 – Couleur – Dolby Digital 5.1

15 Septembre 2021

CONTEXTE

Au printemps 2014, l’artiste de renommée internationale Christo, et son équipe, se mettent en quête d’un nouveau lieu pour sa prochaine installation de grande ampleur, « The Floating Piers ».

 

Ils atterrissent sur un petit lac tranquille entre le Lac de Côme et le Lac de Garde au nord de l’Italie, du nom de Lac d’Iseo. Christo et son épouse Jeanne-Claude avaient imaginé ce projet en 1970, et tenté de le réaliser en Argentine et au Japon. Cette nouvelle installation allait être sa première installation de grande ampleur depuis « The Gates » à Central Park, à New York, en 2005, et surtout depuis le décès de Jeanne-Claude.

 

L’enthousiasme des autorités locales italiennes a vite fait de convaincre Christo et son équipe, qui se sont mis à l’ouvrage pour réaliser son plus ambitieux projet à date : une passerelle de 3 kilomètres de long, permettant aux visiteurs de « marcher sur l’eau » pendant une période de 16 jours.

 

Christo et Jeanne-Claude réalisent des installations de grande ampleur depuis les années 60 : le Reichstag empaqueté à Berlin, les Parapluies de Californie et du Japon, Running Fence en Californie, The Wrapped Coast en Australie, le Pont Neuf à Paris et The Surrounded Islands à Miami.

 

Des décennies ont été nécessaires pour imaginer ces installations et les mettre en œuvre, en obligeant les artistes à se confronter aux dirigeants du monde, à des collectionneurs innovants et à une multitude de personnages fascinants aux quatre coins du monde.

 

Le pouvoir de transformation de ces installations se transmet finalement à ceux qui en font l’expérience.

NOTE D’INTENTION DE ANDREÏ M PAOUNOV

J’ai toujours été fasciné par la vision sans concession de Christo et Jeanne-Claude sur la conception, le financement et la production d’une œuvre d’art – en totale indépendance et avec comme seul objectif le sentiment de beauté et la joie qu’elle leur procure.

 

Qu’il s’agisse de milliers de ballons multicolores, de l’ouverture simultanée de milliers de parapluies au Japon et en Californie ou de l’empaquetage du Reichstag à Berlin, les œuvres de Christo et Jeanne-Claude n’ont d’autre but que de réaliser leurs rêves avec un dévouement sans précédent et une vision esthétique hors du commun.

 

L’authenticité et l’esprit de liberté du cinéma vérité des années 60, que l’on retrouve dans les travaux d’Albert et David Maysles, D.A. Pennebaker ou encore Richard Leacock, m’ont beaucoup influencé. Cela a contribué à transcender ma vision du cinéma documentaire, en me faisant prendre conscience des possibilités infinies qu’offre ce genre. C’était des films totalement affranchis des formats pré-établis en termes de structure et de récit et qui proposaient une approche narrative totalement nouvelle, s’appuyant, de façon organique, sur les personnages et l’enchaînement imprévisible des événements, ce qui crée un sentiment d’immersion dans la réalité.

 

De temps à autre, un documentariste bénéficie de circonstances exceptionnelles. C’est ce qui m’est arrivé en 2016 lorsque j’ai été approché pour réaliser un film sur Christo et son processus de création – sur la base de 700 heures de rushes, filmées une année durant par dix équipes différentes, sur différents supports, au cours de la préparation et de la production de l’installation de Christo, « The Floating Piers » (littéralement, les « pontons flottants »). Cette quantité d’images peut sembler démesurée, mais en fait c’est la norme dans le monde de Christo, car il a l’habitude de documenter son processus de création.

 

J’ai travaillé sur CHRISTO : MARCHER SUR L’EAU pendant 18 mois, en voyant Christo tous les jours, celui-ci travaillant (et vivant) dans le même immeuble que la salle de montage ! Donc les images brutes dont je disposais, bien que filmées avant mon arrivée, sont devenues comme une pâte à modeler à partir de laquelle j’ai façonné le portrait de Christo et documenté son processus artistique, tout en injectant ma propre vision du personnage, basée sur mes interactions quotidiennes avec lui. En même temps, je continuais d’explorer les médias existants – y compris les vidéos Youtube postées par des touristes ou des vidéos filmées sur iPhone par des assistants quelconques –, tout en filmant moi-même du matériel additionnel. Tout cela s’est retrouvé dans le film. Christo, à travers son travail, ses oeuvres, est un des artistes les plus filmé au monde, donc l’enjeu n’était pas tant de capturer mais plutôt de sculpter.

 

C’était un sacré changement – et une forme de libération – par rapport à mes habitudes de travail (en général je contrôle la totalité du processus, depuis la conception jusqu’au film fini, en passant par le tournage).

 

En fait cela reflète quelque chose d’essentiel à propos de l’époque dans laquelle nous vivons, où l’information brute abonde, et où le défi consiste à se réapproprier cette information et à la traduire de la manière la plus authentique qui soit.

 

La leçon que je retiens de tout cela est que, pour Christo, l’art est un processus, pas une fin en soi. « The Floating Piers », le résultat que vous voyez, c’est un peu la cerise sur le gâteau, mais la véritable stimulation provient du processus lui-même : imaginer les possibilités, vaincre la bureaucratie, dompter les forces de la nature.

 

Le titre du film, « MARCHER SUR L’EAU », a un double sens : cela fait à la fois référence à l’expérience proposée par l’installation, mais cela invite surtout le spectateur à marcher dans les pas du processus de création de Christo.

CHRONOLOGIE DE L’INSTALLATION « THE FLOATING PIERS »

1969 : Christo et Jeanne-Claude proposent le “Projet pour Rio de la Plata” (empaquetage d’un ponton sur 2000 mètres) en Argentine, le premier projet des artistes relativement à des pontons flottants. La proposition restera lettre morte, sans pour autant décourager le souhait des artistes de réaliser une passerelle flottante, ce qui reviendra à l’ordre du jour dans les décennies suivantes.

 

1996 : A Tokyo, les artistes proposent le « Project Daiba », une installation temporaire qui recourrait à deux promenades flottantes pour relier deux îles dans la baie de Tokyo au parc Odaiba. Suite à un désaccord avec les responsables du site, les artistes annulent le projet.

 

Avril 2014 : Christo et son équipe parcourent les lacs du nord de l’Italie : les lacs Majeur, de Côme et d’Iseo, avant de porter leur choix sur le lac Iseo. Christo met en œuvre le projet de pontons flottants imaginé il y a 45 ans pour le Lac d’Iseo au nord de l’Italie. « The Floating Piers » incluront 3 kilomètres de passerelles flottantes ainsi que 2,5 kilomètres de rues piétonnes recouvertes du même matériau.

 

Août 2014 : Première des très nombreuses rencontres entre Christo et son équipe et les autorités italiennes pour obtenir les permis nécessaires pour réaliser « The Floating Piers ».

 

Août – Septembre 2014 : L’équipe réalise un test grandeur nature secret de « The Floating Piers » dans le Schleswig-Holstein dans le nord de l’Allemagne pour évaluer les prérequis techniques du projet.

 

Février 2015 : Le directeur des opérations Vladimir Yavachev supervise un test grandeur nature supplémentaire sur la mer noire près de Sozopol en Bulgarie.

 

9 avril 2015 : Les autorités locales approuvent le projet et donnent le feu vert à Christo pour la réalisation de « The Floating Piers ».

 

Printemps 2015 : La fabrication des éléments du projet commence.

 

Hiver 2015 : L’assemblage des différentes sections du ponton commence.

 

Janvier 2016 : Le directeur de chantier Rosen Jeliazkov et son équipe commencent à installer 240 ancres et 50 contrepoids pour stabiliser « The Floating Piers » sur le lac d’Iseo.

 

Avril 2016 : Les premières sections du ponton sont remorquées jusqu’à leur destination finale sur le lac d’Iseo.

 

15 juin 2016 : L’équipe de « The Floating Piers » assemble les différentes sections du ponton pour créer les passerelles flottantes puis installe le tissu jaune Dahlia livré par hélicoptère.

 

18 juin 2018 : Inauguration de « The Floating Piers ».

 

3 juillet 2018 : Cloture de « The Floating Piers ». L’installation éphémère a vu défiler plus de 1,2 million de visiteurs.

A PROPOS DE L’EQUIPE ARTISTIQUE

CHRISTO, né en 1935 à Gabrovo en Bulgarie, et sa défunte épouse Jeanne-Claude, née en 1935 à Casablanca au Maroc et décédée en 2009 à New York, ont créé ensemble quelques-unes des installations artistiques les plus visuellement époustouflantes des XXème et XXIème siècles.

 

Leur collaboration a débuté en 1961. Leurs projets de grande envergure incluent Wrapped Coast (Little Bay, Australie, 1968-69), Valley Curtain (Rifle, Colorado, 1970-72), Running Fence (Sonoma et Marin Counties, California, 1972-76), Surrounded Islands (Biscayne Bay, Floride, 1980-83), Le Pont Neuf empaqueté (Paris, 1975-85), The Umbrellas (Japon-Etats-Unis, 1984-91), Wrapped Reichstag (Berlin, 1971-95), Wrapped Trees (Riehen, Suisse, 1997-98), The Gates (Central Park, New York, 1979-2005), et The Floating Piers (Lac d’Iseo, Italie, 2014-16), en attendant L’Arc de Triomphe empaqueté à Paris, du 18 septembre au 3 octobre 2021, réalisé à titre posthume par l’équipe de Christo selon le vœu de Christo qui souhaitait la poursuite du projet après sa disparition, survenue le 31 mai 2020.

 

Leurs travaux sont présentés dans les musées et galeries d’art à travers le monde, du Guggenheim et du MET à New York, à la Tate Modern de Londres, en passant par le Centre Pompidou à Paris.

 

Le neveu de Christo, VLADIMIR YAVACHEV, a travaillé avec Christo et Jeanne-Claude depuis 1991.

 

Il les a ainsi assistés dans la coordination et la construction du Reichstag empaquété à Berlin, des Wrapped Trees à Riehen et de The Gates à New York.

 

Depuis le décès de Jeanne-Claude, il a assumé la direction des opérations des derniers projets des deux artistes : The Floating Piers and The London Mastaba (Serpentine Lake, Hyde Park, 2016-2018).

 

Il gère également la réalisation des projets en cours L’Arc de Triomphe empaqueté et Le Mastaba d’Abu Dhabi.

A PROPOS DE L’EQUIPE TECHNIQUE

ANDREÏ M. PAOUNOV est un auteur-réalisateur bulgare connu pour ses films documentaires

 

Georgi and the Butterflies (récompensé à l’IDFA en 2004), Le Problème avec les moustiques et autres (Semaine Internationale de la Critique en 2007) et The Boy Who Was a King (présenté en première mondiale au Festival du Film de Toronto en 2011).

 

Ses films ont été projetés dans plus de 150 festivals de films internationaux et ont reçu plus de 40 récompenses.

 

Il est actuellement en train de réaliser son premier long-métrage de fiction.

Productrice bulgare basée à New York et Paris , IZABELLA TZENKOVA a fondé Kotva Films en 2015.

 

Elle a notamment produit The Wolfpack (2015), qui a remporté le Grand Prix du Jury au Festival de Sundance en 2015.

 

Elle est actuellement en train de produire un film documentaire sur l’artiste Dash Snow, réalisé par Cheryl Dunn (Everybody’s Street).

 

La productrice VALERIA GIAMPIETRO vit et travaille à Rome. Elle s’intéresse particulièrement aux projets d’art contemporain et aux films documentaires traitant de l’art.

 

En 2009, elle a travaillé sur le film documentaire The Universe of Keith Haring réalisé par Christina Clausen, en tant qu’assistante réalisatrice et coordinatrice de production. Elle a également collaboré avec la Triennale de Milan sur la partie vidéo de trois expositions de Pop Art : The Jean Michel Basquiat Show (2007), The Keith Haring Show (2006) et The Andy Warhol Show (2005).

LISTE ARTISTIQUE ET TECHNIQUE

LISTE ARTISTIQUE ET TECHNIQUE

Réalisé par: Andreï M. Paounov

Produit par: Izabella Tzenkova Valeria Giampietro

Coordinatrices de production: Marilena Mondati Maria Teresa Zingarello

Assistants de production: Marzia De Tavonatti Giuseppe Ribola Davide Antonio Massetti Giampiero Pelli

Image: Martina Cocco Pietro Daviddi Simone D’Arcangelo Antonio Ferrera Snejina Latev Anastas Petkov Franco Piroli Nevena Rashkova Wedigo von Schultzendorff Debora Vrizzi

Assistants image: Giorgio Melgrati Marco Stefanoni

Images additionnelles: Guy Shachar

Mixage son: Tyler Evans Mike Karas Roberto Marelli Fabio Russo

Montage: Anastas Petkov Andrey M Paounov

Assistants monteurs: Petar Marinov Snejina Latev

Musique: Saunder Juriaans Danny Bensi

Musique mixée par: Phil McGowan, McGowan Soundworks, Ltd

Superviseur musical: Phil Canning

Studio son: Gigantic Pictures

Superviseur montage son: Tom Paul

Montage dialogues: Nicholas Torres

Montage effets sonores: David Forshee

Bruitage: Alex Carpenter

Preneur de son bruitage: Nathan Hasz

Productrice post production son: Iva Gocheva

Etalonnage: Jack Lewars

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