Documentaire / Congo

EN ROUTE POUR LE MILLIARD

1734 km sur le fleuve Congo, une incroyable épopée pour réclamer justice. Sola, Modogo, Mama Kashinde, Papa Sylvain, Bozi, Président Lemalema… font partie de l’Association des victimes de la Guerre des Six Jours de Kisangani. Depuis vingt ans, ils se battent pour la mémoire de ce conflit et demandent réparation pour les préjudices subis. Excédés par l’indifférence des institutions à leur égard, ils décident de se rendre à Kinshasa pour faire entendre leurs voix.

Sélection officielle Cannes 2020 – Festival de Cannes (France)

TIFF (Canada) – Amplify voices award Special mention

DOK Liepzig (Allemagne) – Colombe d’orPrix du jury œcuménique

Festival int. du film d’Amiens – Grand Prix documentaire

Durban int. Film Festival (Afrique du Sud) – Best documentary

ANNÉE
RÉALISATION
SCENARIO
AVEC
FICHE TECHNIQUE
DATE DE SORTIE

2020

Dieudo HAMADI

Dieudo HAMADI

1h30 – Couleur – Dolby Digital 5.1

29 Septembre 2021

NOTE D’INTENTION

Ma première rencontre avec les membres de l’Association s’est faite il y a un peu plus de quatre ans, sur le tournage de Maman Colonelle. Dans ce film, je m’intéressais au travail de la colonelle de police Honorine, chargée de la protection des femmes et des enfants dans l’Est du Congo. Une petite délégation de l’Association était venue lui rendre visite au commissariat. Derrière ma caméra, j’avais été bouleversé par les témoignages de leur expérience de la guerre qu’ils venaient livrer spontanément et par les stigmates que leurs corps en avaient gardés. Un œil, un bras, une jambe manquait à la plupart d’entre eux.

 

Mais au‐delà de l’intensité du moment, la condition de ces femmes et de ces hommes me ramenait à ma propre histoire. Kisangani est la ville où je suis né. Adolescent, j’y ai moi aussi vécu cette guerre. Je me souviens de mes frères et moi, blottis les uns contre les autres dans la chambre de nos parents que nous pensions être la pièce la plus solide de la maison. Je me rappelle du sifflement ininterrompu des balles, du tremblement des murs, de la déflagration des vitres sous l’impact des bombes, je me souviens des boules de feux déchirant la nuit comme des étoiles filantes, des prières étouffées et angoissées de ma mère, je me souviens de mon père, l’œil hagard et l’oreille collée à sa petite radio qui ne captait rien, de l’évanouissement de ma petite sœur, de la faim, de la soif, de la peur… Les jours d’après, je me souviens des cadavres jonchant les rues, dévorés par les chiens, je me souviens de l’odeur fétide, des chagrins de nos voisins, de la joie de ceux qui se découvraient encore en vie…

 

Filmer Maman Colonelle recueillant ces témoignages a été un exercice particulièrement éprouvant. C’était comme gratter une plaie à peine cicatrisée. Mais le plus bouleversant, ce fut de prendre conscience que la souffrance de tous ces gens existait dans l’indifférence générale. Et je réalisais que pour moi aussi, cette guerre était un lointain souvenir, presque enfoui. Cette tragédie n’était pas seulement tue, mise à distance, mais elle semblait effacée des mémoires.

 

Sans doute, dans un pays comme le Congo où l’on vit « au taux du jour », où décennies après décennies les conflits armés ont fait des morts par millions, l’oubli permet de continuer à vivre. Mais enfouir la vérité, c’est aussi rendre impossible l’avènement d’une société de paix, réconciliée avec elle même et avec son passé. Opter pour l’amnésie collective, c’est choisir de tourner la page, mais en refusant de la lire, au risque d’écrire à nouveau les mêmes horreurs.

 

Cette guerre a arraché à la vie plusieurs milliers de personnes et relégué des centaines d’autres au rang de misérables parias…Des êtres humains à qui l’on a ôté toute dignité. Ce film leur est dédié. Je veux saisir ceux qui y ont survécu dans leur souffle de vie, dans leur énergie, dans leur résilience pour des lendemains meilleurs.

 

Depuis notre rencontre, le désir de faire un film avec eux ne m’a jamais quitté. Mais je ne trouvais pas comment raconter leurs épreuves, comment rendre hommage à leur lutte, à la fois juste, noble et impossible. Jusqu’à ce jour où ils m’ont appelé pour m’annoncer le projet de voyage. Cette nouvelle a agi en moi comme un révélateur: enfin, m’apparaissait distinctement l’histoire que raconterait mon film.

ENTRETIEN AVEC LE RÉALISATEUR

Mehdi Balamissa : Pour commencer, est‐ce que vous pouvez nous donner un peu le contexte du film ?

 

Dieudo Hamadi : En route pour le milliard, c’est un film sur une guerre oubliée au Congo. Une guerre qui a eu lieu en 2000, il y a 20 ans. Elle a opposé dans les rues de ma ville natale Kisangani, deux armées étrangères, l’armée ougandaise et l’armée rwandaise.

Pendant six jours, ces deux armées se sont affrontées, il y a eu beaucoup de dégâts, matériels et humains. Maintenant que je suis cinéaste, c’était nécessaire pour moi de raconter cette histoire, malheureusement aujourd’hui effacée des mémoires.

 

M.B. : La scène d’ouverture est forte et poétique, il s’agit d’une représentation théâtrale. Ces gens sont mutilés, mais ils sont sur scène et ils rayonnent. On dirait que cette scène annonce le programme du film et le regard que vous voulez porter sur ces personnages…

 

DH : Mon ambition était de retraduire dans le film l’impression que j’ai eue lors de ma première rencontre avec ces gens. Quand vous les rencontrez, il vous faut 30 minutes, pas plus, pour oublier leur état physique. Ils sont mutilés, mais au bout d’un moment, ce qui reste, c’est leur dignité, leur humanité et leur combativité. Dès le départ j’ai voulu que le film ressemble à cette sensation, cette impression que j’avais eue.

Je trouve que c’est une belle métaphore des Congolais en général. Malgré l’histoire qu’on a connue, les problèmes à répétition, les guerres, l’instabilité politique, on n’a pas perdu notre humanité. Et même pour beaucoup, on a encore l’espoir que l’avenir sera différent. C’était, en tant que cinéaste, très important de faire passer cet état d’esprit qui caractérise énormément de gens de chez moi. On n’est pas dans la fatalité. Ces victimes que je montre dans ce film, elles sont exceptionnelles à cause de ça. On voit bien qu’ils ne sont pas que mutilés, ils ne sont pas que victimes de guerre, que l’humanité ne les a pas quittés malgré tout ce qu’ils ont connu, et c’était important de le montrer.

Pour le théâtre, je trouvais que c’était une aubaine pour le film qu’il y ait une troupe de théâtre dans l’association. Au début du tournage, il y avait un enjeu assez fort pour moi, c’est qu’ils voulaient utiliser le théâtre à Kinshasa. Et se servir de la scène pour sensibiliser les habitants de la capitale sur cette guerre oubliée. C’était l’idée de départ. Mais on est arrivés à Kinshasa dans un contexte électoral assez explosif, assez compliqué, et il n’était plus possible de jouer sur scène comme prévu.

J’ai donc récupéré toutes les séquences de répétition, que j’avais filmées différemment de leur quotidien, pour créer une distinction formelle nette entre leur vie au quotidien et ce qu’ils faisaient sur scène. Et au montage, on a décidé avec la monteuse d’exploiter autrement ces images de répétition, en contrepoint de ce que le film raconte au quotidien. C’est comme ça que l’idée est restée, avec ces scènes de théâtre qui reviennent à travers le récit.

 

M.B. : Pouvez‐vous nous parler du voyage ? La relation entre vous et les personnages a‐t‐elle changé au cours de ce voyage ?

 

DH : C’était un fantasme de découvrir mon pays à travers le fleuve Congo, je ne l’avais jamais fait. A partir du moment où ils ont décidé de partir, c’était évident qu’ils ne pouvaient pas prendre une autre voie que le fleuve, parce qu’il n’y a pas de route entre Kisangani et la capitale Kinshasa. Et l’avion est hors de portée.

Je pensais que le voyage se faisait dans de vrais bateaux. La première surprise ça a été de me rendre compte qu’il s’agissait d’embarcations, avec des bâches pour couvrir qui sont censées vous protéger contre les éléments.

On est partis sans vraiment savoir, ni eux ni moi, ce qui allait se passer.

C’est ce qui est stimulant dans le documentaire, cet imprévu. On s’embarque, on a des idées, une intention, mais on ne sait pas tout à fait à quoi va ressembler le film, sur quoi on va tomber. Et l’idée de départ ne m’a jamais quitté, c’était d’accompagner ces personnes dans leur quête, je me suis arrêté à faire ça. Quoi qu’il arrivait, l’important pour moi était de pouvoir montrer tout ça à travers leur regard.

Je pense aussi que ça a renforcé nos liens. Ils ont vu que je prenais les mêmes risques qu’eux, pendant un mois et demi sur le bateau. On a eu très peur, on a traversé tout ça ensemble et cela a fini par les convaincre que j’étais comme eux et que j’étais de leur côté.

 

M:B. : Une fois qu’on arrive à Kinshasa, on a une autre perspective, un autre point de vue, celui du monde extérieur. Ces personnages qu’on voyait en gros plan, on les voit plus petits, au milieu du décor urbain. On se rend compte qu’ils sont petits vis à vis des institutions politiques du pays. Comment avez‐vous vécu cette transition ?

 

DH : Tout d’abord, je dois avouer que j’avais trouvé leur démarche un peu naïve. Moi je vis à Kinshasa. La plupart d’entre eux n’étaient jamais allés à Kinshasa avant. Il n’y a pas de commune mesure entre Kisangani d’où ils viennent – et moi aussi – et la capitale. Tout est démesuré à Kinshasa : l’espace, le nombre de gens1…les institutions sont quasiment inaccessibles.

C’est ainsi que j’ai choisi formellement d’ouvrir le champ à Kinshasa pour faire ressentir au spectateur le côté dérisoire de toute cette peine qu’on venait de vivre avec eux, cette traversée atroce. Là, ils arrivaient dans une ville bouillonnante et en plus dans un contexte électoral mouvementé. Ils étaient obligés de se rendre compte de la réalité. De leur pays, de leur capitale. De l’insensibilité des dirigeants. De l’indifférence de leurs compatriotes. Toute cette désillusion c’était important de la marquer dans le film.

 

M.B. : On sent bien ce moment de bascule dans le film. Cette désillusion. Tous les obstacles du voyage sont aussi une métaphore des obstacles dans leur vie. Est‐ce que l’essentiel c’est ça ? De surpasser tout ça ensemble ? Est‐ce qu’on peut interpréter le film comme ça ?

 

DH : Dans le film c’est clair. Même quand j’ai pensé que finalement tout ça n’aboutirait pas à grand‐chose de concret, ce qui comptait c’était cette envie de se battre, même quand tout est perdu d’avance. Le plus important ce ne sont pas tous les refus qu’ils ont essuyés quand ils sont arrivés à Kinshasa. Ce qui reste c’est cette humanité que j’évoquais tout à l’heure, cette soif d’exister, malgré tout, et c’est une belle leçon de vie. Pour le film c’était très bien.

Pour eux, c’est une autre histoire; certains se sont même demandé si ça avait valu le coup de faire ce voyage, ils se disaient « mais tout ça pour ça ? On a pris tous les risques et on est revenus à la case départ. » Beaucoup sont rentrés à Kisangani alors que d’autres sont restés plus d’un an à Kinshasa, et de nouveaux sont arrivés1. Ce qui restera, c’est d’avoir rendu témoignage de leur courage et de leur force vitale.

 

M.B. : Pour élargir sur la fabrication et l’assemblage du film, est‐ce qu’au fur et à mesure des films, votre utilisation du cinéma direct a évolué ? Ensuite au montage, quelles étaient les intentions et les autres pistes que vous avez explorées ?

 

DH : Après 5 longs‐métrages et 2 courts‐métrages, je n’envisage pas autrement le documentaire que par le cinéma direct. Je trouve que c’est plus excitant, cette vulnérabilité devant le réel, devant l’imprévisible. À force de garder un cap, rester dans le cadre de ses intentions, on arrive toujours à trouver un film. Je ne sais pas si je pourrais réaliser des films différemment. Sauf qu’avec l’expérience, je sais maintenant que la forme seule ne suffit pas, et que le plus important c’est ce qu’on arrive à transmettre au spectateur grâce à ce qu’on est en train de filmer. C’est pour ça qu’aujourd’hui j’ai pu intégrer le théâtre par exemple dans le film, parce que j’ai trouvé que c’était nécessaire. J’aime beaucoup cette pratique du cinéma direct, mais je suis de plus en plus ouvert à plein d’autres choses qui peuvent arriver pour sublimer la forme, approfondir le récit ou ajouter de la poésie. C’est ce que j’ai l’impression d’avoir acquis après ces années d’expérience.

Au montage, c’est un film qu’on n’a pas trouvé tout de suite. Tout simplement parce que j’ai beaucoup filmé. Et j’ai filmé avec cette idée de compartimenter les moments importants du film. Il y avait un début qui se déroulait à Kisangani, pour exposer les personnages, l’endroit, préparer le voyage, ensuite le voyage lui‐même et enfin l’arrivée à Kinshasa… Et aussi la problématique du théâtre. Comment l’utiliser ? Pour avoir la forme définitive, on est passés par plein d’autres propositions, d’autres possibilités. J’ai filmé beaucoup de scènes, qui malheureusement même si elles étaient fortes, ne cadraient plus avec ce que devenait le film. C’est toujours ça qui est excitant dans la pratique du documentaire, c’est que même au montage on continue à chercher le film. On a finalement réussi je pense, à garder l’intention de départ et à trouver une forme qui soit cohérente.

 

M.B. : Votre film tourne beaucoup en festivals cette année… En ligne… Comment réagissez vous à toutes ces diffusions du film dans le monde ? Et en RDC ? Qu’est‐ce que vous voyez de la réception du public ?

 

DH : On ne fait pas des films pour soi‐même, on fait des films pour qu’ils soient vus. Et quand ils sont vus et reconnus c’est très important pour un auteur‐réalisateur. Rien ne vaut la chaleur humaine dans une salle de cinéma où les gens applaudissent ou réagissent d’une manière ou d’une autre au film. Il faut croire que le monde change et cette année j’ai fait les festivals dans mon salon… ! S’il avait pu passer devant un public comme 2 ou 3 festivals l’ont fait (IDFA, Auch, Carthage) ça aurait été chouette c’est clair…

Je suis resté à Kinshasa chez moi et j’ai quand même parlé avec beaucoup de gens, le public, qui m’ont fait part de leurs remarques, leurs impressions, de tout ce que le film a provoqué chez eux. En ce sens, rien n’a vraiment changé, je sais que le film parle aux gens et c’est le plus important.

Au Congo, le film va être montré pour la première fois à un public la semaine prochaine dans le cadre du Fikin, un des 3 festivals importants au Congo. (…) Mes films sont reçus… je dirais que ça dépend de chaque film. On n’a pas beaucoup d’endroits pour diffuser nos films, très peu de salles de cinéma, et les gens qui viennent pour regarder ce qu’on fait ne sont pas toujours réceptifs de l’image qu’on leur renvoie, d’eux‐mêmes, de nous‐mêmes. Parfois les gens ont envie de voir autre chose que leurs propres problèmes. Ce qui fait qu’on peut avoir des débats assez houleux autour des films. Assez intéressants aussi. Il y a quand même cette fierté chez certains qu’on raconte nos propres histoires. Donc je dirais qu’au Congo mes films ne sont pas très diffusés parce qu’on fait face à ce manque d’infrastructures, de cinémas, et en même temps je pratique un cinéma qui n’est pas très populaire au Congo, ce qui fait que j’atteins peu de monde.

Mais pour moi, ce qui compte, c’est que le film soit fait et qu’il reste – un peu comme des livres – pour témoigner de notre situation aujourd’hui. C’est fondamental. Parce qu’en Afrique, plus généralement on a un problème de mémoire. Notre mémoire a été constituée par les autres. Et je pense que ce que nous faisons en tant qu’auteurs‐réalisateurs, c’est petit à petit commencer à se réapproprier notre mémoire et à constituer des repères pour les jeunes générations qui viendront.

LA GUERRE DES SIX JOURS

Du 2 août 1998 au 30 juin 2003, la République démocratique du Congo est en pleine guerre civile.

 

Le pays est coupé en deux : l’Ouest est contrôlé par l’armée loyaliste de Kabila et l’Est par les factions rebelles. La zone rebelle est elle‐même subdivisée en deux parties : le Nord‐Est, tenu par le Mouvement de Libération du Congo avec l’appui de l’armée ougandaise, et au Sud‐Est, le Rassemblement Congolais pour la Démocratie, allié au Rwanda. Le 5 juin 2000, les deux armées convergent vers Kisangani, cité‐carrefour à l’Est du pays. Il s’ensuit un affrontement d’une extrême violence pour le contrôle de cette ville stratégique entourée de mines d’or et de diamant. C’est ce qu’on a appelé la « Guerre des Six Jours ».

 

Du 5 au 10 juin 2000, la population de Kisangani est sous le feu des ravages de cet affrontement : massacres, pillages, viols. Selon l’Association des Victimes, la Guerre des Six Jours a fait près de 4000 morts et 3000 blessés. Considérée depuis comme la ville martyre, puis rebaptisée Ville d’espoir, Kisangani porte encore en elle les cicatrices de cette guerre.

 

En 2005, l’Ouganda a été jugé coupable de « crimes de guerre » par la Cour de Justice Internationale, mais le montant de l’indemnisation est toujours en discussion, deux décennies après les faits. Le Rwanda n’a jamais été jugé.

 

Aucune commémoration nationale n’a lieu pour le 5 juin, seule une association a vu le jour, l’Association des victimes de la Guerre de Six Jours.

 

Depuis, l’association redistribue des vivres aux victimes, organise un « théâtre du souvenir » inspiré de leurs propres vies, mais surtout, lutte pour la reconnaissance de ce conflit sanglant et la réparation des préjudices subis.

JUSTICE POUR LES VICTIMES

2005, 19 décembre

La Cour internationale de justice conclut à la responsabilité de l’Ouganda pour de graves violations du droit international sur le territoire de la RDC entre 1998 et 2003. A charge pour les parties de se mettre d’accord pour “évaluer en équivalent monétaire la totalité des dommages matériels et des dommages moraux”.

 

2010, octobre

Elaboré par le Haut‐Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, le rapport « Mapping » répertorie les violations les plus graves des droits de l’homme et du droit international humanitaire commises entre mars 1993 et juin 2003 sur le territoire de la RDC et identifie des options de justice pour mettre fin à l’impunité dont jouissent jusqu’aux plus hauts responsables politiques et militaires de la région des grands lacs.

 

2018

Tournage du film En route pour le milliard, accompagnant l’action de l’Association des Victimes de la Guerre des 6 jours.

 

2020, 3 juin

En route pour le milliard est le premier film congolais en sélection officielle au festival de Cannes.

 

2020, 5 juin

A l’occasion du 20e anniversaire de la Guerre des 6 jours de Kisangani, déclaration du docteur Denis Mukwege qui invite les Congolais à s’approprier le contenu du rapport Mapping pour «mettre un terme au chaos organisé en RDC. »

 

2020, octobre

André Lithe, ministre des Droits humains de la RDC, annonce la création prochaine d’un fonds d’indemnisation des victimes.

 

2020, novembre

Des premières indemnités sont versées à une quinzaine de membres de l’association encore présents à Kinshasa.

 

2021, février

Le ministre des droits humains se rend à Kisangani et verse à l’association près de 500.000$ à titre d’avance.

 

2021, avril

Devant la complexité du dossier, et aucun accord n’ayant été trouvé, la RDC et l’Ouganda sont à nouveau entendues par la Cour Internationale de Justice. La RDC réclame 14 milliards de dollars à l’Ouganda.

À PROPOS DU REALISATEUR

Dieudo Hamadi est né à Kisangani (République démocratique du Congo) en 1984. Il commence à étudier la médecine puis se forme au documentaire et au montage à Kinshasa et à la FEMIS à Paris.

 

En 2009, Dames en attente, son premier court‐métrage documentaire, est sélectionné dans les festivals internationaux (Forum à la Berlinale, IDFA Amsterdam, TIFF Toronto) et obtient la bourse Pierre et Yolande Perrault au Cinéma du Réel à Paris.

 

Il réalise ensuite 4 longs‐métrages documentaires qui forment un témoignage exceptionnel de la réalité congolaise contemporaine. En filmant les élections (Atalaku, 2013), le système scolaire (Examen d’état, 2014), la violence contre les femmes et les enfants (Maman Colonelle, 2017) et la mobilisation politique (Kinshasa Makambo, 2018), Dieudo Hamadi raconte des histoires individuelles qui parlent d’expériences et d’histoires collectives. En 2015, il crée sa propre société de production, Kiripifilms. En 2019, il reçoit la bourse McMillan‐Stewart in Distinguished Filmmaking du Film Study Center de l’Université de Harvard.

 

En route pour le milliard est son premier film à sortir en salles de cinéma.

FILMOGRAPHIE

DAMES EN ATTENTE (24’ – 2009)

Berlinale Forum ‐ Bourse Pierre et Yolande Perrault pour un jeune réalisateur, Cinéma du Réel, Paris ‐ Sélections IDFA, Amsterdam…

 

TOLÉRANCE ZÉRO (26’ – 2010)

TIFF Toronto. Exploité dans le projet collectif « Congo in 4 Acts »

 

ATALAKU (62’ – 2013)

Prix Joris Ivens, Cinéma du Réel / Meilleur premier film & Prix du Jury ‐ Fidadoc Agadir, Maroc / Prix du Public Black Movie, Genève Suisse / Best Foreign Film Award San Diego Black Film Fest, USA / Meilleur long métrage Vues d’Afrique, Montréal, Canada / Mention Spéciale du Jury au FCAPA, Apt, France…

 

EXAMEN D’ETAT (90’ – 2014)

Prix SCAM International et Prix Potemkine, Cinéma du Réel, Paris / Grand Prix Fidadoc Agadir, Maroc / Grand Prix Festival Int. de Saint‐Louis, Sénégal / Grand Prix Festival de Cinéma d’Alger / Prix Spécial du Jury, Festival Int. du film francophone de Namur, Belgique / Prix du Jury Carthage Film Festival / Mention Spéciale, Grand Prix Meilleur Long Métrage International RIDM, Montréal, Canada / Special Jury Mention Taïwan Int. Documentary Festival, Taipeï…

 

MAMAN COLONELLE (72’ – 2017)

Prix : Forum Jury Prize ‐ Berlinale Film Festival / Best Forum Film, Tagesspiegel Prize, Berlinale Film Festival / Grand Prix Cinéma du Réel Paris…

 

KINSHASA MAKAMBO (75’ – 2018)

True Vision Award à True/False ‐Tim Hetherington Award à Sheffield Doc Fest..

LISTE ARTISTIQUE ET TECHNIQUE

LISTE ARTISTIQUE & TECHNIQUE

Image, réalisation: Dieudo Hamadi

Son: Sylvain Aketi, Dieudo Hamadi

Montage: Hélène Ballis, Catherine Catella

Etalonnage: Benjamin Dontaine

Mixage: Benoît Biral

Musique: Les Zombies de Kisangani

Producteurs: Quentin Laurent, Frédéric Féraud, Dieudo Hamadi

Production: Kiripifilms, Les Films de l’oeil sauvage

Coproduction: Néon Rouge et Al Jazeera Documentary Channel

avec la participation de: Aide aux Cinémas du Monde (CNC ‐ Institut Français), TV5MONDE, RTBF, Région SUD PACA, Procirep‐Angoa, Fédération Wallonie Bruxelles,Taxshelter.be, Shelter Prod, Coopération Belgeau Développement, ING, IDFA Bertha Fund Classicsand Europe, Hot Docs Blue Ice DocumentaryFund, Bourse Brouillon d’un Rêve de la SCAM,Prix du Jury de la Biennale de Venise au Final Cutin Venice, Prix Laser film à Takmil

Ventes internationales Andana Films

Distribution France Laterit

CE QU'EN DIT LA PRESSE

CAHIERS DU CINÉMA

A travers ce souci esthétique, En route pour le milliard donne à la question juridique des réparations une tournure plus politique, non pas tant parce qu’il s’agit de secouer des institutions inertes, que parce que le film invite à considérer la forme que peut prendre une communauté soumise à un traumatisme.

 

LE MONDE

Ce filmeur surdoué à l’instinct infaillible et à l’œil affûté n’a pas son pareil pour placer sa caméra à l’endroit exact où se croisent les destinées collectives et individuelles.

 

LIBÉRATION

En route pour le milliard […] réussit à allier le portrait et le mouvement, les passagers et le bateau, l’individu avec l’histoire, l’urgence de la réparation et le cap sur la liberté.

 

LE NOUVEL OBSERVATEUR

Un documentaire intense sur une odyssée pour la justice qui voit les personnages osciller entre abattement et liesse jusqu’à l’explosion finale de leur colère devant l’Assemblée nationale.

 

LES FICHES DU CINÉMA

Dieudo Hamadi signe un film aussi sobre qu’impressionnant sur la dignité et le courage.