Fiction / Kazakhstan, Japon

LES VOLEURS DE CHEVAUX

Olzhas, 12 ans, est le fils aîné d’une famille qui vit dans les contreforts du Tian Shan, la grande chaîne de montagnes qui traverse l’Asie centrale. La vie unie de la famille est interrompue lorsqu’un gang de voleurs de chevaux vole le troupeau qui appartenait au village. Pour éponger ses dettes, la famille est obligée de vendre la maison. Un jour, un étranger se présente à eux. Il demande à rencontrer Olzhas et offre son aide pour les aider à déménager…

Dans des paysages fabuleux, le film dépeint le passage de Olzhas de l’enfance à l’adolescence au contact de cet homme mystérieux qui l’accompagne sur la route.

Festival international du film de Busan 2019
Festival international du film de Toronto 2019
Fetival du film de Goteborg 2020

ANNÉE
RÉALISATION
SCENARIO
AVEC
FICHE TECHNIQUE
DATE DE SORTIE

2019

Yerlan NURMUKHAMBETOV et Lisa TAKEBA

Yerlan NURMUKHAMBETOV

Mirai MORIYAMA, Samal YESLYAMOVA, Madi MENAIDAROV, Dulyga AKMOLDA

1h24 – Couleur – 2.35 – Dolby Digital 5.1

28 juillet 2021

ENTRETIEN AVEC LES RÉALISATEURS

Film d’ouverture du Festival international du film de Busan (BIFF) en 2019 “Les Voleurs de Chevaux” est une coproduction exceptionnelle entre le Kazakhstan et le Japon. Il est coréalisé par Yerlan Nurmukhambetov et la réalisatrice japonaise Lisa Takeba.

Financé par le studio de cinéma national Kazakhfilm et Tokyo New Cinema, le film s’attache à un garçon de 12 ans dont la mère doit vendre la maison familiale et déménager après que son père ait été tué par des voleurs de chevaux.

Le casting comprend Samal Yeslyamova, qui a remporté le prix d’interprétation féminine à Cannes en 2018 pour “Ayka”, le jeune Madi Menaidarov et l’acteur japonais Mirai Moriyama.

 

Qu’est-ce qui vous a réunis sur ce projet?

 

Yerlan Nurmukhambetov : Nous nous sommes rencontrés lors d’une soirée a Cannes lorsque le Kazakhstan avait un pavillon national en 2017. Quand je suis revenue au Kazakhstan, Lisa m’a dit que le producteur Shozo Ichiyama était intéressé par mon histoire et nous avons organisé une visioconférence. Nous avons ensuite écrit le premier projet avec l’aide de certains de mes étudiants de l’Université nationale kazakhe des Arts (ou Yerlan est le directeur du département de mise en scène cinéma et télévision). Avant le tournage, Lisa et moi avons revu chaque scène en détail du début à la fin. Je pense que nous avons fait du bon travail ensemble.

 

Lisa Takeba : J’ai vu le film “Luna Papa” tourne au Tadjikistan, en 1999, lorsque j’étais au lycée. Cela m’a donné envie de visiter l’Asie centrale. Quand j’ai rencontré Yerlan à Cannes, j’étais triste d’apprendre que le réalisateur de “Luna Papa”, Bakhtyar Khudojnazarov était décédé. Le sentiment de perte que je ressentais m’a poussé à demander à Yerlan si nous pouvions faire un film ensemble, et il m’a dit oui. Les gens ont tendance à me considérer comme une réalisatrice de films “multi-genres”. Mes films précédents sont originaux et plein de fraicheur, tandis que mon prochain film “Signal 100” produit par Toei est un film d’horreur. Et “Les Voleurs de Chevaux” est aussi tres différent.

 

Comment avez-vous décidé du casting ?

 

Y. N.: Nous avions tres peu de temps pour le casting. Quand j’ai vu les yeux de Madi, j’ai tout de suite vu qu’il y avait “l’esprit de la steppe” en eux. Au début de l’écriture du scenario, un de mes élèves m’a dit que Samal semblait correspondre à la description du personnage de la mère. Je ne pensais pas à elle parce que je savais qu’elle travaillait sur le nouveau film de Sergey Dvortsevoy, “Ayka” et ses productions prennent du temps. Je l’ai tout de même appelé et elle a dit oui. Peut-être parce que nous nous connaissons bien car j’ai travaillé comme premier assistant réalisateur sur le précédent film de Dvortsevoy en 2008 “Tulpan” pendant quatre ans. Plus tard, lorsque Samal a remporté le prix de la meilleure actrice à Cannes pour “Ayka”, je pensais qu’elle allait être très occupée, mais elle m’a appelé et m’a dit: “Je te l’ai promis, Yerlan, et je te confirme donc que je ferai ce film avec toi.” Je lui en suis très reconnaissant.

 

Quels ont été les défis et les surprises sur le tournage du film qui s’est déroulé entièrement au Kazakhstan?

 

L.T.: Quand j’étais à l’université, j’ai beaucoup voyagé, y compris en Ouzbekistan. Depuis, je suis tombé amoureuse de la beauté de l’Asie centrale, mais je ne m’attendais pas à y tourner un film. Nous communiquions en quatre langues sur le plateau – kazakh, japonais, anglais et russe. Nos traducteurs nous ont beaucoup aidés et j’ai aussi appris un peu de russe et de kazakh. Etonnamment, la langue kazakhe est facile pour les japonais car leur grammaire est très similaire. J’ai été surpris par le professionnalisme et la facilité des acteurs kazakhs qui n’avaient pas besoin de répétition, contrairement aux acteurs japonais qui répètent toujours.

 

Ce n’est pas la première fois que Yerlan travaille avec des cinéastes japonais. En quoi cette coproduction est-elle différente des autres?

 

Y. N.: J’ai coécrit, coréalisé et tourne “The First Rains Of Spring” au Kazakhstan avec le réalisateur japonais Sano Shinju. Les cinéastes japonais travaillent très intensément. Il y a des moments ou vous êtes distrait et vos partenaires japonais vous ramèneront dans le droit chemin. Le travail de coproduction entre le Japon et le Kazakhstan n’est pas facile en raison des grandes différences économiques et culturelles. Mais je ne considère jamais un film comme l’œuvre d’une seule personne. Lorsque la production démarre, c’est aussi le film du directeur photo, du directeur de production…etc. Le cinéma est une œuvre collective.

 

Comment les principaux lieux de tournage ont-ils facilité la narration et l’aspect visuel du film ?

 

Y. N.: Le projet a commencé à prendre de l’ampleur lorsque nous avons trouvé l’emplacement de la maison sur le lac Tuzkol. Quand j’ai vu la montagne Khan- Tengri en arrière plan du lac, les images du film ont commencé à se former dans ma tête. En collaboration avec le directeur de la photographie Aziz Zhambakiyev, nous avons décidé d’utiliser le Khan-Tengri pour ouvrir le film et l’histoire, lui donnant ainsi un sens quasi spirituel.

 

Pourquoi aimez-vous mettre en avant les enfants dans vos films?

 

Y. N.: De nombreux cinéastes et écrivains kazakhs ont par le passe, aimé raconter leurs histoires à travers les yeux des enfants. Peut-être parce qu’ils sont un symbole de l’avenir. Il y a aussi beaucoup d’enfants partout ou vous allez au Kazakhstan. Je suis moi-même père de cinq enfants. Je suis sur que sans enfants, tous mes films, y compris “Anshi Bala”, “The first rains of spring” et même “Walnut Tree”, n’auraient pas la même énergie.

 

Pouvez-vous nous parler de l’état actuel du cinéma kazakh?

 

Y. N.: Le cinéma kazakh se porte mieux de nos jours. Il n’y a pas si longtemps, trois ou quatre films seulement étaient produits par an, alors qu’aujourd’hui jusqu’à 60 films de genres et de budgets différents voient le jour chaque année. Le cinéma kazakh gagne en intérêt sur le plan international – par exemple en 2019, “A Dark, Dark Man” d’Adilkhan Yerzhanov au festival de Saint-Sebastien et “Mariam” de Sharipa Urazbayeva aux festivals de Locarno et de Toronto – mais nos productions plus commerciales rencontrent également leur public dans notre pays.

 

Sylvia Wong – SCREENDAILY Busan – Octobre 2019

LES ACTEURS

Samal YESLYAMOVA

 

Née en 1984 a Patropavovsk au Kazhakstan, elle étudie à L’institut Russe des Arts du Théâtre de 2007 à 2011. Encore étudiante, elle fait ses débuts à 19 ans dans “Tulpan”, de Sergey Dvortsevoy, qui remporte le Prix Un Certain Regard au Festival de Cannes en 2008. Dix ans plus tard, grâce à “Ayka” du même Sergey Dvortsevoy, présenté en compétition au Festival de Cannes 2018, elle remporte le prix d’interprétation féminine.

 

Quelles ont été les réactions quand vous avez reçu le prix d’interprétation féminine à Cannes en 2018 pour Ayka ?

 

Moi, mes proches et mon pays, nous étions tous très heureux parce que c’est un prix très prestigieux et très important. Aucun acteur des pays de l’ex URSS n’a jamais reçu ce prix auparavant. Ce fut une grande et belle surprise!

 

Dans Les Voleurs de Chevaux, un ancien amant apparaît peu de temps après la perte du mari. Vous incarnez une figure féminine troublante mais forte ayant la responsabilité d’une famille. Comment avez-vous préparé ce rôle de personnage féminin fort, en quelque sorte lié à Ayka?

 

En comparant les rôles d’Aigul et d’Ayka, je peux dire que les deux sont des personnages forts qui continuent à vivre pour leurs enfants. A la fin, Ayka comprend également que le sens de sa vie c’est son enfant. Le rôle d’Aigul était plus facile car c’est dans le registre tragique. C’est difficile à jouer, mais en même temps je connais très bien le monde rural, les taches ménagères et les chevaux. Tout cela est très proche de moi.

 

Miraï MORIYAMA

 

Né en 1984 a Kobe au Japon, Mirai Moriyama se forme des l’âge de 5 ans à diverses disciplines de danse (jazz, claquettes, ballet classique, hip-hop, etc.). Ayant fait ses débuts sur scène en 1999, il va apparaitre ensuite dans une multitude de spectacles, films (“20th Century Boy – Celles qui voulaient se souvenir”…etc) et productions télévisuelles.

Il travaille plus particulièrement dans le champ de la danse depuis quelques années, par exemple auprès de Sidi Larbi Cherkaoui. Il crée son premier solo, “Upload a New Mind to the Body”, en 2016.

À PROPOS DES RÉALISATEURS

Yerlan NURMUKHAMBETOV

 

Né en 1976, il est diplômé en 2000 section scenario de l’Académie Nationale des Arts du Kazakhstan. Depuis 2008, il enseigne à l’Académie Nationale des Arts.

Il tourne plusieurs courts métrages, dont “In Paris” sélectionné au FICA de Vesoul en 2002, et coréalise en 2011 “Anshi Bala” et seul “Walnut Tree” en 2015.

“Les Voleurs de Chevaux” présenté en premiere mondiale en ouverture du festival de Busan 2019 est coréalisé avec Lisa Takeba.

 

Propos du réalisateur

 

“Le film est basé sur une histoire vraie qui s’est déroulée au Kazakhstan il y a quelques années. Une histoire qui m’obsédait et qui m’a confronté au sentiment de vide face à la destruction de la cellule familiale. Sentiment que j’ai voulu exprimer sous la forme cinématographique.”

“J’ai transposé cette histoire dans le Kazakhstan post-soviétique, période pendant laquelle notre société a subi des bouleversements énormes et où les gens semblent considérer la vie humaine comme sans valeur.”

“La recherche de la vérité peut aider à surmonter l’indifférence et l’obscurité. Mais de quelle vérité parle-t-on quand il n’y a pas de lois morales? Ce sont ces questions que se pose Olzhas, dont l’enfance est interrompue par la mort de son père. Olzhas est impuissant, mais peut-il trouver quelqu’un ou quelque chose sur quoi compter dans sa nouvelle vie?”

 

Lisa TAKEBA

 

Lisa Takeba est née en 1983 dans la préfecture de Kōchi au Japon. Elle a fait des études de littérature anglaise a l’Université pour femmes du Japon a Tokyo.

Elle a écrit le scenario d’un jeu pour Nintendo DS et est aussi l’auteure de romans publiés sur téléphone mobile. Au début des années 2010, elle réalise trois courts métrages.

En 2014, elle tourne son premier long métrage “The Pinkie” en seulement six jours. Ce film remporte deux récompenses, dont le Grand Prix lors du Festival international du film fantastique de Yubari.

Son deuxième long métrage “Haruko’s Paranormal Laboratory” est notamment sélectionné dans la compétition officielle du Festival de Rotterdam en 2015 et présenté au Festival de Moscou. “Les Voleurs de Chevaux” coréalise avec Yerlan Nurmukhambetov, a fait l’ouverture du festival de Busan en 2019. Samal Yeslyamova, prix d’interprétation féminine au festival de Cannes en 2018 en est l’une des principales interprètes.

Son dernier film, “Signal 100” est un film d’horreur produit par Toei et présenté à Sitges en 2019. Elle a également réalisé des publicités et des clips et est aussi active dans le domaine de la musique et de la littérature.

LISTE ARTISTIQUE ET TECHNIQUE

LISTE ARTISTIQUE

 

Mirai MORIYAMA : L’homme mystérieux
Samal YESLYAMOVA : Aigul
Madi MENAIDAROV : Olzhas
Dulyga AKMOLDA : Le père

 

FICHE TECHNIQUE

 

Réalisation : Yerlan NURMUKHAMBETOV & Lisa TAKEBA
Scénario : Yerlan NURMUKHAMBETOV
Image : Aziz JEAN-BAKIEV
Musique : Akmaral ZYKAEVA
Montage : Nursultan NUSKABEKOV
Assistant réalisateur : Zhannat ALSHANOVA
Production. : Yuliya KIM, Shozo ICHIYAMA, Hikaru KINOUCHI
Production Exécutive : Assel YERZHANOVA
Une Production : KAZAKHFILM STUDIO & TOKYO NEW CINEMA.

CE QU'EN DIT LA PRESSE

POSITIF

 

“Les Voleurs de chevaux”, qui déporte la geste des westerns hollywoodiens dans les contreforts du Tian Shan, chaîne de montagnes du Kazakhstan, où l’éleveur implanté dans ces paysages à l’horizon infini succède au rancher du Missouri ou du Colorado, est une épure dont la durée minimale cristallise les enjeux de la filiation, de la collectivité et du retour providentiel, avec une mémorable intensité.

 

CAHIERS DU CINÉMA

 

Les Voleurs de chevaux confirme l’intérêt que suscite ces dernières année le cinéma kazakh.

 

LE MONDE

 

Plans tableaux, nature comme asséchée à perte de vue… Tout ici accuse la rudesse et le dépouillement. Le paysage y semble un prolongement des mœurs, ou inversement.

 

TÉLÉRAMA

 

Un somptueux western dans les vastes steppes kazakhes.