DIS MOI SUR QUEL PIED TU DANSES

Documentaire / France

Dis-moi sur quel pied tu danses est une immersion au sein d’un service de réadaptation pour personnes amputées, où le manque d’un membre devient moteur de désirs et de créativité. À travers 20 portraits mêlant témoignages, danse et poésie, patient·e·s et soignant·e·s s’engagent dans un dialogue qui révèle la force de l’élan vital. Porté par le regard chorégraphique de Philippe Ménard, où humour et décalage libèrent les corps, ce film célèbre la capacité de chacun·e à se réinventer et à avancer.

Année

2025

RÉALISATION

Philippe MÉNARD

SCENARIO

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AVEC

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FICHE TECHNIQUE

1h12 - Couleur - Dolby Digital 5.1

DATE DE SORTIE

04 FÉVRIER 2026

Mer. 4 : 18h40

Mar. 10 : 20h30

 

MARDI 10 FÉVRIER | 20H30

Séance “DIS-MOI SUR QUEL PIED TU DANSES” suivie d’un débat en présence de Philippe Ménard, réalisateur du film.

NOTE D’INTENTION

Rendre visibles les invisibles

 

« Pendant quatre années, je me suis plongé dans un service de réadaptation pour personnes amputées. J’y ai partagé le quotidien de celles et ceux qui y séjournent ou y travaillent, questionnant avec elles et eux leur rapport au manque, à la reconstruction et au désir de se remettre en mouvement. De cette expérience est né Dis-moi sur quel pied tu danses, un film que j’ai voulu sensible et optimiste, où se croisent 20 portraits poétisés ou dansés de patient·es et de soignant·es.

 

Pour moi, ici, le manque n’est pas une métaphore : il est concret. Le membre manquant devient l’incarnation physique d’une absence, mais aussi le catalyseur d’une quête commune.
Dans cet espace de soin que j’ai traversé, patient·es et soignant·es partagent un quotidien façonné par cette absence tangible. Pour les un·es, le membre manquant représente un objet de désir : la possibilité de retrouver une jambe, une autonomie, un élan de vie. Pour les autres, soignant·es et prothésistes, il incarne un défi professionnel et humain : accompagner, fabriquer, réhabiliter. Certain·es réapprennent à habiter leur corps, à réinventer leurs mouvements, tandis que d’autres aiguisent leurs gestes dans le soin et la technicité. Ensemble, ils·elles explorent les multiples dimensions de cette absence, nourrissant un désir commun de mouvement, de reconstruction et de résilience.

 

Le processus de fabrication d’une prothèse, que j’ai choisi comme fil rouge du film, illustre cette dynamique et devient une métaphore de la transformation : un chemin qui englobe tout le parcours de réadaptation — de la cicatrisation à la confection de la prothèse, jusqu’à son appropriation — où l’absence se mue en présence, où le manque devient moteur, et où chacun·e trouve des ressources pour avancer.

 

À travers l’enchevêtrement de ces récits intimes, j’ai voulu que Dis-moi sur quel pied tu danses mette en lumière des dimensions souvent invisibles : que cache un corps amputé ? Que révèle un membre manquant ? Quelles histoires se glissent sous une blouse blanche, et quelle part d’imaginaire peuple ces trajectoires de reconstruction ?

 

Depuis quinze ans, j’explore dans mes œuvres la question du désir, ce moteur essentiel de nos vies. Avec ce film, cette quête prend une forme inédite, car le manque, ici incarné par l’absence d’un membre, devient un miroir concret de cette réflexion : qu’est-ce qui nous anime ? Comment préserver et nourrir cette flamme intérieure qui nous pousse à avancer ?

 

En rassemblant patient·es et soignant·es autour d’un objet de désir commun, j’ai cherché à explorer le lien profond qui unit ces deux mondes. Ce film interroge les dynamiques de soin, de technique et d’intime, tout en mettant en lumière ce qui nous relie en tant qu’êtres humains : la capacité à transformer l’absence en présence et à trouver, dans l’élan du désir, la force de se reconstruire.

 

Dis-moi sur quel pied tu danses est pour moi un hommage poétique et lumineux à la résilience collective et individuelle. En dévoilant les invisibles – qu’il s’agisse des corps amputés ou des travailleur·ses de l’ombre – j’ai voulu célébrer, à travers ce film, la capacité de chacun·e à réinventer ses gestes, à retrouver un équilibre et à continuer à avancer. »

 

Philippe Ménard