HOWARD ZINN UNE HISTOIRE POPULAIRE AMÉRICAINE 2

Documentaire / France

Le best-seller Une Histoire populaire des États-Unis a révélé aux Américains une part de leur passé longtemps ignorée par eux-mêmes, redonnant une place dans l’histoire aux Amérindiens, aux Noirs, aux ouvrières et aux ouvriers pris dans la grande fabrique du rêve américain. Le travail d’Howard Zinn s’est opposé aux mythes fondateurs depuis Christophe Colomb et s’impose aujourd’hui comme un contre-feu à la guerre idéologique menée par Donald Trump, qui en a fait sa bête noire en histoire.

Année

2024

RÉALISATION

Olivier AZAM et Daniel MERMET

SCENARIO

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AVEC

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FICHE TECHNIQUE

1h52 - Couleur - Dolby Digital 5.1

DATE DE SORTIE

28 JANVIER 2026

Tous les jours (sauf jeudi) : 13h40.
Mer 28, jeu 29, sam 31, lun 2 : 18h00.
Mer 28, sam 31, dim 1er, lun 2 : 20h10.
Ven 30, mar 3 : 20h00.
Jeu 29 : 13h35.

Tous les jours : 14h10, 18h00 (sauf Ven. et Lun.)

Ven. 6 | Lun. 9 : 20h00

Mardi 3 février | 20h00

Séance spéciale suivie d’un débat en présence de Laurence De Cock, historienne et essayiste. 

 

VENDREDI 6 février | 20H00

Séance “Howard Zinn, une histoire populaire américaine 2” suivie d’un débat en présence de Maryse Artiguelong de la LDH, de Michael Lessac, metteur en scène et scénariste américain.

 

lundi 9 février | 20h00

Séance “Howard Zinn, une histoire populaire américaine 2” suivie d’un débat en présence d’Olivier Besancenot et d’Olivier Azam.

Samedi 14 février | 20h00

Séance spéciale suivie d’un débat en présence de Julian Hipkins, protagoniste du film, et Olivier Azam. 

HOWARD ZINN, UN HISTORIEN QUI A FAIT L’HISTOIRE AVANT DE LA RACONTER

Howard Zinn est né en 1922 à New York de parents immigrés juifs des pays de l’Est (un père austro-hongrois, une mère venue de Sibérie), qui enchainaient les petits boulots pour faire tenir au rêve américain la promesse d’une vie meilleure.

 

Il est un enfant de la classe laborieuse qui a connu la Grande Dépression des années 30. Les changements de domicile quand la famille ne pouvait plus payer les loyers, la privation de tout… mais aussi les livres de Dickens à la lueur de la lampe, les jeux avec les autres enfants pauvres dans les rues de Brooklyn, la découverte de Marx et des auteurs radicaux américains et une forme de communisme libertaire typique de cette génération américaine… Plus tard le basketball avec les copains, les plus grands qui s’engagent dans l’Abraham Lincoln Brigade pour aller combattre le fascisme en Espagne.

 

À 18 ans, Howard Zinn entre comme ouvrier dans un chantier naval à Brooklyn où il participe à la construction d’un cuirassé, l’USS IOWA. C’est à cette période qu’il pratique le syndicalisme, qu’il échange sur ses préoccupations et ses lectures, forge sa conscience de classe… Après l’entrée en guerre des États-Unis, IL S’ENGAGE COMME VOLONTAIRE DANS L’ARMÉE DE L’AIR pour aller à son tour « combattre le fascisme» en Europe, et continuer la lutte de ses camarades partis quelques années plus tôt en Espagne. On est en 1943, Howard Zinn à 21 ans. Howard Zinn est un « bon élément », il a choisi d’être là et il est nommé sous-lieutenant et sera formé comme bombardier. À bord du Queen Mary qui le conduit en Angleterre, IL DÉCOUVRE LA SÉGRÉGATION RACIALE. Les soldats noirs sont dans la cale et mangent les restes des soldats blancs. « C’était comme une sorte d’étrange remake des transports d’esclaves d’autrefois», écrira Zinn plus tard. C’est sa première prise de conscience des contradictions de la « good war », la « guerre juste ».

 

Depuis une forteresse volante B52, il est toujours volontaire dans des missions très dangereuses. Il met du cœur à l’ouvrage, enchaine les missions et échappe à la mort plusieurs fois. Il voit des copains mourir pour la patrie et la liberté, celle des autres surtout. IL BOMBARDE ROYAN, dont il comprendra qu’il s’agissait d’un bombardement aussi destructeur qu’inutile. C’est sa deuxième prise de conscience dans cette guerre, mais toutes ces idées contestataires ne se mettront clairement en place qu’à son retour au bercail, après avoir, comme tout le monde, exulté de joie à l’annonce du largage de la bombe atomique sur Hiroshima. Il prendra vraiment conscience de ce que font les bombes sur ceux qui les reçoivent, en allant, au Japon en 1966, visiter les rescapés dont les peaux ont fondu, les corps déchiquetés, des survivants qui ont perdu des bras, des jambes, la vue et qui sont venus le rencontrer. Il reste sans voix.

 

Il cherchera à comprendre l’utilité de ces bombes et, en étudiant les documents, il en tirera la conclusion qu’elles n’étaient pas utiles pour arrêter une guerre qui était déjà gagnée, mais qu’il s’agissait surtout de s’imposer dans la Guerre froide qui commençait… il range ses souvenirs de guerre, ses documents militaires et ses « breloques » dans un dossier sur lequel IL ÉCRIT « PLUS JAMAIS ÇA ! »

 

À la sortie de la guerre, il est marié avec Roz, et retourne à sa condition de jeune homme issu de la classe ouvrière. Dans l’ambiance du Maccarthysme et de la « chasse aux sorcières » qui fait la chasse aux communistes, IL EST SURVEILLÉ PAR LE FBI, mais, en même temps, il peut bénéficier du GI’s Bill, une bourse qui permet aux vétérans de faire des études. Alors, il fait des études d’histoire en cumulant de petits boulots.

 

Son premier poste de professeur d’histoire est dans le Sud ségrégationniste, au Spelman College à Atlanta, en Géorgie, une université de femmes noires, à qui il apprendra leur propre histoire.

 

Son arrivée coïncide avec le début de la révolte des noirs contre la ségrégation et pour le droit de vote, LE MOUVEMENT DES DROITS CIVIQUES des années 60, l’émergence de figures comme Rosa Parks et Martin Luther King qui vient de lancer une grande campagne de boycott des bus. À travers la lutte de ses étudiantes impliquées dans les actions de désobéissance non violentes, Zinn soutient le mouvement. Il participe à la campagne pour le vote des noirs du Sud et à l’expérimentation du Freedom summer, une école mixte progressiste qui inspirera plus tard la fondation du Zinn Education Project. Howard Zinn est finalement renvoyé du Spelman College et, avec sa famille, ils vont s’installer à Boston où il enseignera jusqu’à la fin de sa carrière à Boston University.

 

Son arrivée à Boston, en 1964, coïncide avec un autre grand événement qui va secouer les États-Unis et le monde, l’engagement officiel des États-Unis dans LA GUERRE DU VIETNAM. Zinn, qui, depuis la guerre, est déjà très engagé dans le mouvement pacifiste, va faire partie des premiers à s’opposer à cette guerre.

 

Il milite avec des activistes comme LE PÈRE BERRIGAN, qui participent à des actions pour brûler les papiers d’incorporation et avec qui il va accepter une mission à Hanoï pour la libération de soldats américains. Howard Zinn fréquente le célèbre linguiste NOAM CHOMSKY et, tous les deux, ils vont soutenir leur ami DANIEL ELLSBERG, analyste, qui deviendra le premier lanceur d’alerte de l’histoire pour avoir sorti les PENTAGON PAPERS révélant les mensonges d’État pour justifier l’engagement au Vietnam et les véritables raisons de la guerre (la destruction du « virus » communiste dans la région asiatique).

 

EN 1980, HOWARD ZINN PUBLIE « UNE HISTOIRE POPULAIRE DES ÉTATS-UNIS » ET ATTEINT UN LARGE PUBLIC (2 600 000 exemplaires vendus aux États-Unis à ce jour). Son livre est un véritable choc aux États-Unis, tant il démolit les mythes sur lesquels est construit le roman national américain, la figure de Christophe Colomb, les trois guerres sacrées (celle de l’Indépendance, de Sécession et Deuxième Guerre mondiale), mais il donne enfin la juste place aux oubliés de l’histoire : les Amérindiens, les esclaves, les migrants, les femmes, les syndicalistes et les oubliés de la lutte des classes, les « working class heros »… Une œuvre majeure qui parcourt plus de 500 ans d’histoire non dite dans les manuels d’histoire à l’époque.

 

L’œuvre d’Howard Zinn est devenue une référence et lui-même un activiste influent, qui s’engagera jusqu’au bout, contre les guerres d’interventions en Irak et en Afghanistan, ces GUERRES IMPÉRIALISTES menées sous prétexte d’une « guerre contre terrorisme » avec son lot de crimes, de mensonges et de manipulations que confirmeront plus tard les révélations de Chelsea Manning à travers WikiLeaks.

 

Howard Zinn a voulu que son œuvre serve à des gens comme lui, un engagement qui est assez bien résumé dans ce passage : « Les écrits historiques ont un impact sur nous. Ils peuvent renforcer notre passivité ; ils peuvent nous pousser à l’action. Dans tous les cas, L’HISTORIEN NE PEUT PAS CHOISIR DE RESTER NEUTRE ; IL ÉCRIT DANS UN TRAIN EN MARCHE. » Et pour cela, Howard Zinn a toujours cherché à toucher le plus grand nombre à travers ses livres, ses conférences, et pièces de théâtre (En suivant Emma, Karl Marx le retour) ou encore le spectacle-film auquel il a participé à la fin de sa vie : The People Speak. Le 17 septembre 2020, dans un discours sur l’histoire des États-Unis, le président Donald Trump s’en prenait directement à l’utilisation de l’œuvre de l’historien Howard Zinn dans l’enseignement. Déjà en 2013, à Purdue University, West Lafayette, Indiana, nous avions filmé une mobilisation étudiante soutenue par les professeurs après que livre Une histoire populaire des États-Unis avait été censuré par le président de l’Université, Mitch Daniel, gouverneur républicain de l’Indiana. Le livre d’Howard Zinn a ensuite souvent été l’objet de censure dans les universités du Sud, notamment à Tucson, Arizona. On peut espérer que toutes ces attaques provoqueront suffisamment d’indignations et de résistance pour ne pas aboutir à cette volonté d’effacement de tout ce qui ne correspond pas à la vision «patriotique» de Donald Trump, mais le ton est donné et l’élan trumpien, qui trouve écho en Europe, nous a motivé à terminer notre film, malgré les difficultés.

LES ARCHIVES, UN BIEN ESSENTIEL

Cette nouvelle étape de notre travail, provoquée par l’élection de Trump, redonne une grande importance aux archives que nous avons collectées pendant seize ans et à défendre la recherche historique, et particulièrement l’œuvre de Howard Zinn, comme des biens essentiels pour l’avenir, des « terres rares ». L’histoire nous enseigne déjà que la manœuvre de Trump est une grande tromperie qui ne fera qu’accroitre les inégalités entre une caste de privilégiés fidèle à son clan contre le reste de la population qui ferait bien de lire ou relire l’œuvre d’Howard Zinn pour comprendre ce qui lui arrive et retrouver un peu d’espoir, et quelques idées pour mener la lutte afin de retrouver une Amérique vraiment « great again ». 

 

Et si l’histoire et l’enseignement sont des enjeux aussi importants pour Donald Trump, c’est qu’il sait très bien que la mythologie et l’ignorance sont les conditions de son maintien au pouvoir. Défendre l’accès à ces archives ne signifie pas pour autant soutenir la promotion de « la guerre pour toutes et tous », ni qu’il faille à tout prix se réjouir que des gouvernants mettent en avant, dans leur communication des valeurs guerrières, le sacrifice de jeunes gens qui ont donné leur vie dans des batailles sanglantes, que Howard Zinn, lui-même ex-bombardier de la Deuxième Guerre mondiale, critiquera toute sa vie. Ce vétéran devenu historien et activiste antiguerre jusqu’à la fin de ses jours condamnait « cette glorification des combats et du soldat héroïque qui justifie les sacrifices de guerre et ses crimes ».

CE QU'EN PARLE LA PRESSE

Télérama

Un pas de côté nécessaire dans une Amérique rongée par le fascisme.

 

L’Humanité

Indispensable pour comprendre notre présent.

 

Le Monde

Si l’ambition formelle est minimale, c’est que l’intention est ailleurs : dans le désir de diffuser la pensée de Zinn, de la faire connaître au plus grand nombre. Avec cette volonté d’ouvrir sur le présent, qui s’inscrit dans le geste de Zinn : faire de l’histoire une matière plus proche de la lave en fusion que du marbre, un récit toujours en cours et dont la conflictualité assure la bonne marche.