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LA CASA

Documentaire / France

Ils s’appellent Lobaï, Mathis, Chloé, Le Grain, Émilie… Ils ont entre 18 et 25 ans, sont issus de milieux défavorisés et en rupture avec le système, mais ils ont un point commun : une créativité débordante et des rêves immenses.Ils forment la sixième promo de Casa 93, une école de mode alternative et gratuite qui propulse les créateurs de demain sur le devant de la scène. Pendant un an, ils vont apprendre, expérimenter, échouer, recommencer. Ils n’ont qu’un seul objectif : se réinventer. Leur métamorphose commence maintenant.

Année

2025

RÉALISATION

Caroline BENARROSH

SCENARIO
AVEC

-

FICHE TECHNIQUE

1h25 - Couleur - Dolby Digital 5.1

DATE DE SORTIE

3 SEPTEMBRE 2025

MARDI 2 SEPTEMBRE À 20H30

Avant-Première à 20h30 suivie d’un débat en présence de Caroline Benarrosh, réalisatrice du film.

BIOGRAPHIE DE LA RÉALISATRICE

Caroline Benarrosh commence sa carrière dans le journalisme d’investigation avant d’orienter définitivement son travail vers le documentaire. Sa filmographie révèle un engagement constant pour les sujets de société. Tu deviendras hétéro mon fils, Orwell/Huxley, Ai WeiWei, l’art de la dissidence. Elle signe également un ambitieux triptyque historique – La victoire, La résistance, La Traque – avec le soutien de la Fondation pour la mémoire de la Shoah. Désireuse d’explorer de nouveaux territoires narratifs, Caroline Benarrosh franchit le pas vers la fiction. Elle achève actuellement l’écriture de L’Étincelle, sa première série fiction produite par Jokers Lab et Logical Pictures.

 

« Nous avons, Carole Mirabello et moi, choisi de donner à cette histoire le temps et l’espace qu’elle mérite, ce qui voulait dire, penser ce film pour le cinéma. Le format cinéma permet une immersion sensible et profonde, loin des impératifs de rythme et de formatage de la télévision. Il offre la possibilité de laisser vivre les silences, les regards, les hésitations, pour que les trajectoires puissent vraiment se déployer. Suivre ces cinq jeunes à la Casa 93, c’était filmer leur métamorphose, leurs doutes et leurs élans, avec la patience que demande toute transformation. Le cinéma permet de capter cette lente émergence, au plus près de sa vérité. »


Documentariste, Caroline Benarrosh a eu envie de filmer pour le cinéma la 6e promotion de la Casa 93 à un moment charnière tant pour l’école que pour elle-même. La Casa est née il y a 12 ans dans les favelas de Rio, au Brésil, à l’initiative de Nadine Gonzales, ancienne journaliste mode qui a exploré tous les métiers de cette industrie avant de se lancer dans un projet fou : créer une formation gratuite destinée aux jeunes de 18 à 25 ans en situation de rupture sociale dans les quartiers difficiles. Quatre ans plus tard, elle décide de transposer ce modèle de formation sans conditions de diplômes en France. C’est ainsi qu’ouvre Casa 93 en Seine-Saint-Denis. Un projet à la fois social et éducatif qui permet aussi de révéler de jeunes talents.

Cette métamorphose est au cœur du film, qui capture l’instant où ces jeunes s’éveillent à leur véritable identité créative.

Le format cinéma donne une respiration, il permet aux personnages de se déployer. Il offre une liberté narrative et visuelle indispensable pour capturer fidèlement leur singularité, leurs contradictions, et leur richesse». Le spectateur suit pendant une heure trente les parcours des élèves de cette promotion à travers la construction de la collection collective, l’exercice fédérateur de la Casa, présenté en fin d’année. Les jeunes ont cette année choisi comme thème « Le cycle » : des cendres à l’étincelle, du chaos à l’harmonie – miroir saisissant de leurs propres trajectoires.

«Le Grain» affirme avec force « donne-moi de la merde, je vais en faire de l’or, comme j’ai fait avec ma vie. » Émilie, jeune fille aux yeux souvent pleins de larmes, parle d’étoffes qui envahissent le corps , le rongé. Mathis lui, ancien militaire, ne veut plus être un numéro. Il veut exister et compter. Le groupe, dans son énergie, ses paradoxes, son envie de faire, raconte en miroir une génération toute entière. Une génération qui refuse la résignation et qui transforme ses douleurs et ses peines en énergie créative explosive. Entre leur main, la mode devient un manifeste pour bousculer les attentes et imposer leur vision singulière. Après la première mondiale au festival CPH DOX de Copenhague, le film LA CASA sera diffusé pour la première fois en avant-première en France le 4 juillet, dans le cadre de l’opération France-Brésil. Il sera accompagné d’un débat.

ENTRETIEN CROISÉ NADINE ET CAROLINE

Quelle est la genèse de ce projet de film Caroline ? Pourquoi l’avoir accepté Nadine ?

Caroline : Ce film est né à un moment charnière de ma vie. Alors que mon aînée partait étudier à l’étranger et que ma cadette grandissait, j’ai pris conscience de cette période si particulière qu’est la transition vers l’âge adulte, ce moment où il faut se trouver soi-même, choisir un chemin, s’inventer. J’ai eu envie d’explorer, intimement, ces métamorphoses, filmer de jeunes adultes qui se cherchent et la Casa incarne ce territoire de transformation de soi. À travers la construction tout au long de l’année de leur collection collective, présentée lors de la Fashion Week parisienne, on apprend à connaître ces jeunes qui peu à

peu dans l’action et grâce au groupe, reprennent confiance en eux, se révèlent, se trouvent. Ce que l’on voit au fil des plans, c’est qu’en apprenant à créer, eux qui étaient en décrochage scolaire et dont les parcours de vie restent compliqués, se raccommodent comme on le dit d’un tissu, ensemble. Ce projet est alors devenu bien plus qu’un film pour moi. En les mettant au centre, je me documentais non pas seulement sur leur parcours, mais j’observais aussi le reflet d’une génération entière qui, confrontée à un monde incertain, invente ses propres chemins.

Nadine : J’ai refusé beaucoup de propositions avant celle de Caroline et Carole car je trouvais que les auteurs avaient une approche trop caricaturale des jeunes de banlieues et ne traduisaient pas assez le travail accompli. Entre 2022 et 2023, notre statut dans l’écosystème de la mode change. On nous propose d’intégrer le off de la Fashion Week de Paris alors que nous ne sommes pas une marque. À ce moment charnière, il se produit une forme de reconnaissance de tous les acteurs : l’État qui reconnaît le travail social accompli, au Brésil et en France. Le département du 93. Les marques partenaires avec lesquelles nous avons travaillé autres ces années.

C’est le bon moment pour montrer l’héritage que nous avons construit. Avec une réalisatrice et une productrice qui portent un regard authentique. Le film saisit ce moment de bascule là.

 

Quelle est le point d’orgue de l’école La Casa et comment l’avez-vous envisagé sur un pan cinématographique ?

Caroline : L’idée de Casa est d’envisager la mode de manière humaine. Élèves et enseignants sont dans un échange permanent et apprennent les uns les autres. Chaque année, malgré les hauts et les bas, ce sont ces liens humains qui font tenir le groupe. La collection collective, dont le film suit la construction, incarne ces liens, les met en scène. À partir d’un thème qu’ils trouvent ensemble, elle tisse comme dans un tissu de chaîne-et-trame. Nadine : Pour la mettre sur pieds, ils vont valoriser leurs points forts respectifs : lui est meilleur en technique couture, elle en ennoblissement. Untel en accessoire, telle autre en stylisme…. Cet apprentissage de la solidarité les arme pour la suite. Ils le disent : les problèmes que j’ai rencontrés à la Casa, je les ai retrouvés dans ma vie professionnelle mais j’ai su les dépasser.

Leur point commun, c’est leur envie. Ils sont bruts de décoffrage, pas du tout formatés et nous tenons à ce qu’ils gardent cela. Ils veulent vivre des expériences, toucher un petit peu à tout. Et c’est ce qu’ils font à la Casa.

Caroline : Réaliser une collection collective en quelques mois, sans savoir coudre pour certains, avec 20 personnalités super fortes est un enjeu de taille ! Je reconnais qu’au début je me suis demandée comment ils allaient faire. Comment penser collectif quand les réseaux sociaux les poussent à l’individualisme ? Quels points communs ont Le Grain, queer et grande gueule et Mathis, militaire un poil rigide ? Comment vont-ils accepter de faire de la place à l’autre ? De partager la lumière aussi. Et puis, je les ai vus argumenter, négocier, puis s’entraider. Ce qui m’a particulièrement fascinée, c’est leur capacité à créer du sens en assemblant des influences diverses. Ces fragments d’expériences, ces éclats de personnalités, ces inspirations hétéroclites se sont finalement assemblés en un ensemble cohérent et puissant. À mon sens, cette promotion incarne, en filigrane, une génération qui, face à la fragmentation des repères et des certitudes, parvient à créer du sens et de la beauté à partir de la diversité et du chaos apparent.

 

Quels sont les futurs projets de La Casa ?

Nadine : Je m’apprête à ouvrir une école à Kinshasa. J’ai commencé au Brésil. Puis il y a eu Montreuil, Toulouse. Marseille. Casa 93 continue à se développer. Non plus comme une école mais davantage comme une formation nomade, de pays en pays, de ville en ville. Pour conserver le caractère social et la gratuité, je dois fermer l’association sans pour autant arrêter. J’ai besoin de me réinventer. Casa 93 a toujours été un projet international. Donc l’histoire ne s’arrête pas mais elle se déplace, en faisant venir dans les pays des formateurs de la Casa, des alumni.

Caroline : Pour moi, le message est que cette Casa 93 est aussi et surtout une école de la révélation. C’est ce qui en fait la richesse humaine. Chacun au cours du film se révèle à lui-même et aux autres. Oui c’est cela, une école de la réparation et de la révélation.

LISTE TECHNIQUE

Directeur de la photographie NICOLAS BOZINO

Monteur FRANCK ZAHLER

Ingénieur du son JULIEN RIQUIER

Compositeur de la musique FRANÇOIS SAINT-GEOURS

Producteurs CAROLE MIRABELLO FRÉDÉRIC FIORE THE JOKERS LAB

Chargée de production HÉLOÏSE NOÉ

Distributeur THE JOKERS