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NI DIEUX NI MAITRES

Histoire, Adventure / France

Hiver 1215. Un mystérieux étranger arrive dans un petit village isolé. Le Seigneur Ocam, ancien héros des croisades, règne sur cette partie du royaume de France où sévissent la famine et la lèpre. Avec sa horde de chevaliers, il enlève une jeune fille afin d’exercer son droit de cuissage. L’Etranger, épaulé par une poignée de villageois, tente de la délivrer. Ils ont jusqu’à la tombée du jour…

Année

2019

RÉALISATION

Éric CHERRIÈRE

SCENARIO

Éric CHERRIÈRE, Isabelle DESESQUELLES

AVEC

Saleh BAKRI, Jenna THIAM, Pascal GREGGORY, Edith SCOB

FICHE TECHNIQUE

1h17 - Couleur - Dolby Digital 5.1

DATE DE SORTIE

3 SEPTEMBRE 2025

MARDI 2 SEPTEMBRE À 20H00

Avant-Première à 20h00 suivie d’un débat en présence de Eric Cherrière, réalisateur du film.

NOTE D'INTENTION DU RÉALISATEUR ÉRIC CHERRIÈRE

Je n’aime pas les frontières. Géographiques ou mentales, elles n’ont à mes yeux, de raison d’exister que pour être traversées, ignorées. Je pense qu’aucune frontière ne devrait être acceptable nulle part. À commencer dans une salle de cinéma. Cet homme sans frontières, c’était mon personnage principal : L’Étranger. Comme dans les films d’Anthony Mann avec lesquels j’ai grandi, les westerns italiens ensuite, je voulais conter une aventure qui entre en résonance avec l’aventure de nos vies à tous, ici et maintenant. Les armes que les personnages choisissent ou non de laisser dans leurs fourreaux ne sont rien d’autre qu’une métaphore des choix qui se posent à nous chaque jour. Ainsi que les guerres d’hier et nos guerres d’aujourd’hui. Toujours – ou presque – les mêmes violences.

NI DIEUX NI MAÎTRES constitue ma tentative de transmettre quelque chose du bonheur que j’ai éprouvé dans l’exploration d’un cinéma des années 50, 60, 70, si métissé qu’il en devient pour moi sans frontière : westerns américains, italiens, films de chevalerie chinois, films de samouraï, films de cape et d’épée européens. Partout je vois des passerelles.

J’ai tenté de retrouver un peu de l’énergie de ce cinéma, même si notre film a été tourné très rapidement, en vingt-cinq jours. Il y a toujours un écart entre les moyens disponibles disponibles et les rêves de cinéma, mais c’est aussi ce qui fait le charme des séries B un peu oubliées, auxquelles je suis très attaché, alors il n’y avait pas d’excuse qui vale, il fallait y aller ! NI DIEUX NI MAÎTRES est un film de cinéphile, et j’ai eu le sentiment que c’était le moment ou jamais de le réalise réaliser. Je sais que je vais maintenant revenir à un cinéma plus contemporain, plus en phase direct avec notre monde. Je prépare actuellement un drame criminel. Une adaptation du roman d’Isabelle Desesquelles, UnPur. Un film de procés que nous tournons en janvier 2026.

Avec ses énigmes d’un monde oublié, je souhaitais que NI DIEUX NI MAÎTRES soit un film d’aventure avant d’être un film d’action. « L’aventure véritable » comme le dit Sabu dans la version du VOLEUR DE BAGDAD produit par Alexandre Korda, est un voyage aussi bien géographique que mental qui implique un risque : on sait d’où l’on part, on ne sait jamais où l’on va, ni si l’on reviendra. Ce voyage est ponctué d’affrontements. Les séquences d’action

ont été chorégraphiées par Vahe Abramhiam, qui a emmené avec lui une partie de l’équipe de France de Wushu, ainsi que Pierre Rouvière, médaille de bronze aux championnats de wushu, et Jérôme Lebanner ! Il a ensuite fallu orchestrer orchestrer la rencontre avec le combat médiéval. Ce que nous avons fait avec le maître d’armes Frederic Hess de La troupe du grand Kounghké.

Dans le cinéma d’arts martiaux tel qu’il s’est pratiqué à Hong Kong à partir des années 60, les combats n’étaient pas uniquement uniquement des affrontements physiques mais aussi des prises de positions. Comme des dialogues. À travers les armes utilisées, les techniques pratiquées, se dessinait une philosophie. L’objectif n’y était pas la stricte brutalité.

Je ne voulais pas que NI DIEUX NI MAÎTRES soit un film agressif et ultra-violent. Je voulais aller ailleurs. À la recherche d’une étrange douceur dans la noirceur et l’affrontement. Tisser un lien entre ajourd’hui ajourd’hui et ce cinéma de quartier des années 50, 60. Péplum, kung-fu, cape et épée. Cinéma un peu suranné, naïf, qui a beaucoup de charme je trouve.

Jean-Claude Drouot, qui incarne L’ancêtre, a joué dans LE PHARE DU BOUT DU MONDE. Sur le tournage, je lui demandais de me parler de ce film d’aventure où il est magnifique. Aux cotés de Kirk Douglas, il y est plein de vie et de fantaisie. D’une jeunesse jeunesse folle. Tant d’années aprés, il me racontait chaque détail du tournage. C’était en 1971.

J’ai toujours eu ce sentîment que le cinéma avait été inventé pour capter le passage du temps, et notamment le vieillissement vieillissement de ceux que l’on filme. C’est d’ailleurs l’un des thèmes de NI DIEUX NI MAÎTRES : ce temps qui passe et nous dépasse. dépasse. C’est sans doute ce qui explique la présence de nombreux acteurs trés âgés dans mes deux films. J’aime l’idée de suivre leurs visages d’un film à l’autre, au fil des années, et de voir comment ceux que nous avons connus jeunes portent en eux notre propre vieillissement – dans leurs regards, dans leurs traits. Leurs rides finissent par devenir les nôtres.

Pour moi, un visage reste une énigme, un mystère. C’est une question qui traversait déjà le cinéma muet, où l’on sent une fascination pour les visages. Il y avait là

une forme d’innocence, propre à cette époque, qui en fait à mes yeux le cinéma de la découverte émerveillée. C’est la raison pour laquelle dans NI DIEUX NI MAÎTRES, je filme tant les regards.

L’un des points de départ du scénario de NI DIEUX NI MAÎTRES a été La Sorcière de Jules Michelet, ouvrage unique dans lequel l’auteur dresse un portrait de la femme à travers les siècles du Moyen Âge. C’est un texte étonnant, excessif pour un historien. historien. Michelet y consacre notamment quelques pages au droit de cuissage qui sont la base de NI DIEUX NI MAÎTRES. Ces passages, bien qu’historiquement contestés, sont saisissants : ils relèvent d’une vérité différente, symbolique, une vérité des rapports sociaux, des relations entre les sexes, entre dominants et dominés, entre riches et pauvres. Mon producteur Eric Tavitian et moi, partagions cet intérêt pour La Sorcière. C’est autour de ce texte que nous nous sommes rencontrés et appréciés. Nous avions chacun nos théories sur l’œuvre et l’on pouvait en parler pendant des heures. Voilà le type de rapports que j’avais avec mon producteur ! Aujourd’hui, Eric Tavitian a disparu et à chaque visionnage, c’est à lui que je pense, et je lui dédie chaque projection. Et bien sûr, cette sortie cinéma. À son souvenir.

Pour le rôle de l’Étranger, individu sans nation ni patrie, sans religion et n’appartenant à nul groupe, sinon l’humanité, je cherchais quelqu’un qui ne rentrerai dans aucune case. Quelqu’un d’innatendu. J’ai d’abord découvert Saleh Bakri en photo. Un ami m’a donné son mail et je lui ai écrit, à Haïfa. Je lui ai raconté l’histoire. Il m’a répondu. répondu. Deux mois plus tard il était chez moi, pour deux semaines, en pleine nature là où je vis, et nous commencions à créer le personnage de l’Étranger. J’espère que nous referons un jour un film ensemble. Saleh Bakri est un comédien palestinien. Sa carrière, sa vie, est donc soumise à beaucoup beaucoup de tumultes. Il est exceptionnel dans LE BLEU DU CAFTAN, le film de Maryam Touzani.

Pascal Greggory, lui, incarne le seigneur Ocam, un être qui se vit au-delà du bien et du mal. J’admire la manière dont Pascal Greggory bouge : une gestuelle lente, mesurée, presque chorégraphiée, qu’il a naturellement dans la vie. C’est devenu l’un des repères esthétiques du film. Cette manière de se mouvoir a imposé un rythme particulier à l’ensemble du projet : un ton calme, précis, retenu, où même les paroles les plus dures sont dites sans hausser hausser la voix. C’est par le biais de la littérature que Pascal Greggory et moi avons façonné son personnage –

Dickens, Conrad, ou encore La Tour de guet d’Anna Maria Matute, roman médiéval qui nous a particulièrement marqués. Son costume dans NI DIEUX NI MAÎTRES est un clin d’œil à L’ATTAQUE DE SAN CRISTOBAL de John Gilling, film de pirates produit par la Hammer, avec Christopher Lee dans un rôle de méchant très stylisé. C’est un film à l’esthétique marquée, typique des anciens cinémas de quartier – typique et que j’aime beaucoup.

J’étais J’étais trés heureux de réunir Jenna Thiam dans le rôle de Laure et Édith Scob dans celui de sa grand-mère. Je me disais qu’elles étaient le même personnage à des âges différents et c’était une sacrée responsabilité pour Jenna Thiam qui s’en est sortie avec un vrai panache, une énergie. énergie. Il y a une vingtaine d’années, j’avais déja écrit un rôle pour Édith Scob. J’éprouvais comme une nécessité, de tourner avec elle. Un appel. Je l’avais vu dans tous ses films, ou presque, et d’abord LES YEUX SANS VISAGES bien sur. Son seul nom m’intriguait. Édith Scob.

Tout au long du film – dans les étapes compliquées de la production, du tournage, de la postproduction qui furent loin d’être simples – elle a été un repère. La voir à l’écran, l’entendre, c’était comme une forme d’élan, une présence qui vous soutient. soutient. Nos échanges ne portaient pas tant sur le cinéma. Elle me parlait surtout de son enfance dans les Cévennes, des truites qu’elle attrapait à la main dans les ruisseaux. À 75 ans, elle me montrait encore le geste avec une telle précision qu’on aurait cru une enfant. C’est aussi pour ces instants-là que je fais des films. Ces rencontres. Pour ces souvenirs qui se superposent. En écoutant Édith Scob me raconter son enfance, je me revoyais moi-même, enfant, découvrant ses films pour la première fois. Le temps avait passé. La toile de cinéma, décidément, est une formidable – et redoutable – toise du Temps.

ÉRIC CHERRIÈRE RÉALISATEUR

Aprés des études de philosophie et de cinéma, Éric Cherrière réalise une série de courts-métrages, dont le polar JOHN 32 où apparaît Brian Yuzna et le film de pirate LA MAIN NOIRE avec la star de série B italienne italienne Maurice Poli. Il réalise ensuite une trentaine de documentaires dont ROUGE WESTERN, hommage vibrant au western italien dans lequel il rencontre les derniers survivants du genre.

Également romancier, il publie en 2010 Je ne vous aime pas, premier roman âpre et mélancolique qui l’installe comme l’une des nouvelles voix du roman noir français (Lauréat du Prix de la prison de la Santé). Avec son 4ème roman, Mon coeur restera de glace, il est finaliste du Prix du Polar européen Le Point et du Prix Maison de la Presse.

En 2016, il produit et réalise CRUEL, son premier long-métrage, sorti en salles en janvier 2017. Le film est sélectionné aux festivals de Busan, Hong-kong, Sao-Paulo, Yerevan, Shanghaï, Fantasia, Beaune, etc. Il reçoit le Grand Prix du Festival du film policier de Cognac.

Éric Cherrière prépare actuellement l’adaptation du roman d’Isabelle Desesquelles, UnPur.

LISTE ARTISTIQUE

L’ ÉTRANGER Saleh Bakri

LAURE Ionut Caras

OCAM Pascal Greggory

GRAND-MÈRE DE LAURE Édith Scob

ALARIC Richard Duval

LUC Stéphane Henon

L’ANCÊTRE Jean-Claude Drouot

L’OGRE Guillaume Tobo

MATILA Matila Malliarakis

LISTE TECHNIQUE

SCÉNARIO Éric Cherriére et Isabelle Desesquelles

PRODUCTEURS DÉLÉGUÉS Éric Tavitian, Tim Belda et Frédéric Fiore

COPRODUCTEURS Isabel Desesquelles et Éric Cherriere

PRODUCTEURS ASSOCIÉS Guillaume Tobo, Manuel Chiche et Violaine Barbaroux

MUSIQUE ORIGINALE Olivier Cussac IMAGE Mathias Mathias Touzeris

SON Didier Baules

MONTAGE Jean-Christian Tassy

COSTUMES Véronique Gely

DÉCORS Aurelie Jolibert

DIRECTEUR DE PRODUCTION Damien Grégoire

ASSISTANT RÉALISATEUR Philippe Pangrazi