TENIR DEBOUT

Fiction / Lituanie

Andrius, jeune imprimeur, vit avec son compagnon Deividas, un militant engagé pour les droits LGBTQ+. Quand Deividas disparaît brutalement, Andrius décide de poursuivre son combat à sa manière. Il rejoint Rainbow Kaunas, l’organisation que Deividas dirigeait, mais certains membres craignent son arrivée. Deux militants, Bernardas, un activiste influent, et Jonas, un autre militant, choisissent de soutenir Andrius. Dans son combat, Andrius découvre la puissance de la solidarité, la force du collectif et apprend à s’affirmer face aux obstacles.

Année

2025

RÉALISATION

Romas ZABARAUSKAS

SCENARIO

Romas ZABARAUSKAS, Marc DAVID JACOBS, Vitalija LAPINA

AVEC

Robertas PETRAITIS, Vaslov GOOM, Simas KULIESIUS, Teklė BAROTI

FICHE TECHNIQUE

1h34 - Couleur - Dolby Digital 5.1

DATE DE SORTIE

25 FÉVRIER 2026

Avec le réalisateur Romas Zabarauskas et l’acteur Vaslov Goom, modérée par Grégory Tilhac, directeur artistique du festival Chéries-Chéris

ROMAS ZABARAUSKAS

Romas Zabarauskas s’est imposé comme un metteur-en-scène balte provocateur, dont l’œuvre se distingue par son intensité dramatique, son engagement politique et une esthétique visuelle somptueuse. Habitué du festival Tallinn Black Nights, il y présente ses films depuis ses débuts avec We Will Riot (2013) jusqu’à ses œuvres les plus récentes, Te revoir (2023) et Tenir debout (2025), qui forment, avec Tomber pour Ali (2020), une trilogie thématique. Son premier court métrage, Porno Melodrama (2011), présenté en avant-première au Panorama de la Berlinale, retrace l’une des premières histoires queer du cinéma lituanien.

 

Zabarauskas est titulaire d’une licence en cinéma (2012) de l’université Paris 8, comprenant une année d’échange au Hunter College (New York), ainsi que d’un master en communication (2016) de la KSU (Vilnius). Il prépare actuellement un doctorat en cinéma à l’École nationale de cinéma de l’Académie lituanienne de musique et de théâtre.

NOTE D’INTENTION DU RÉALISATEUR

Le monde actuel semble de plus en plus complexe. Nos sociétés sont profondément divisées, et le nationalisme croissant continue de gagner des alliés parfois surprenants, tant en Europe qu’ailleurs dans le monde, y compris au sein de la communauté LGBT+. Nous devons en parler.

 

Ce n’est qu’en comprenant les mécanismes et les subtilités de l’extrême droite contemporain que nous pourrons réellement la combattre. De même, ce n’est qu’en reconnaissant les failles de certains de nos dirigeants libéraux que nous pourrons formuler une vision crédible et efficace pour l’avenir.

 

Cela ne signifie pas pour autant un appel au cynisme ou à une critique systématique. Tenir debout est un film profondément positif, qui affirme que les institutions d’une démocratie libérale peuvent fonctionner, à condition que des « activistes » courageux se battent pour les défendre. Le film se veut ainsi une célébration pleine d’espoir de la société civile.

 

Je viens d’Europe de l’Est, et ma génération a fait l’expérience concrète du fait que le progrès est possible. Il s’agit à la fois d’un vécu et d’une position intellectuelle : dans un monde saturé de fausses informations, la vérité demeure essentielle et ne saurait être considérée comme un concept dépassé. La complexité du réel ne doit pas nous détourner de notre responsabilité d’être plus lucides, plus sincères et plus justes.

 

Sur le plan cinématographique, Tenir debout propose une relecture contemporaine du film noir.

 

Là où le film noir classique mettait en scène des figures de femmes fatales en écho aux angoisses suscitées par l’émancipation féminine, notre film s’appuie aujourd’hui sur les discours homophobes et transphobes actuels. Il s’agit avant tout d’un déplacement du point de vue. Des personnages queer étaient déjà présents dans le film noir classique : Waldo Lydecker dans Laura, Joel Cairo dans Le Faucon maltais, ou Bruno dans L’Inconnu du Nord-Express.

 

Visuellement, la mise en scène reprend certains codes traditionnels – panoramas urbains nocturnes, éclairages en clair-obscur, compositions complexes – tout en conservant une palette de couleurs marquée, dominée par le vert, symbole de la dualité de la nature humaine.