MISS MERMAID est votre premier long métrage de fiction, pour l’une comme pour l’autre. Marion, vous venez du documentaire tandis que vous, Pauline, venez de l’animation… Comment vos chemins se sont-ils croisés ?
Marion : On se connait depuis le lycée, mais on a commencé à travailler ensemble une fois que Pauline a terminé ses études…
Pauline : … qui ont un peu duré ! J’ai cheminé entre une école de théâtre, une fac de cinéma et une école d’animation…
Marion : De mon côté, je me suis jetée assez vite dans le monde du travail, à 23 ans, après un master de médiation culturelle. Autrice, scénariste, réalisatrice de documentaires et de programmes live pour la télé… En fait, notre binôme s’est véritablement formé en 2013. Pauline passait son diplôme. Je lui ai proposé qu’on travaille ensemble sur un projet de documentaire animé pour la collection permanente du musée des Confluences, à Lyon. On y a pris beaucoup de plaisir !
Pauline : … après ça, on a enchaîné les projets muséographiques et institutionnels pendant 5 ans. Le temps de développer notre patte…
Une patte qui se caractérise, en premier lieu, par votre façon très complice, voire fusionnelle, d’écrire, de réaliser, et même de parler ensemble… Comment avez-vous abordé, concrètement, ce travail en binôme ?
Marion et Pauline : On nous appelle souvent l’hydre à deux têtes, c’est vrai ! Déjà, dans l’absolu, on a écrit et imaginé ce film à deux, on était très raccord sur beaucoup de choses. Concrètement, sur le tournage de Miss Mermaid, notre place bougeait un peu en fonction des jours et des scènes. Parfois, l’une était au cadrage et l’autre à la direction d’acteurs, et réciproquement, ça dépendait. Quoi qu’il en soit, on se parlait beaucoup avant. On ne voulait surtout pas débattre et hésiter devant l’équipe. On était les premières sur plateau, avec la scripte, la chef op’ et la première assistante. Étant habituées à certains outils de l’animation, on avait également décidé de storyboarder certaines scènes, notamment les séquences aquatiques qui étaient particulièrement complexes à tourner.
Avant d’être une fiction, MISS MERMAID a d’abord été un documentaire consacré à Alexia Colibert, « la sirène de Fécamp », que vous avez réalisé en 2019. Comment en êtes-vous venues à vous intéresser à cette jeune femme bien réelle ?
Pauline : Alexia est ma cousine. On a une relation quasiment de sœurs toutes les deux, même si, contrairement à elle, je n’habite pas à Fécamp. J’y ai juste passé toutes mes vacances ou presque chez notre grand-mère… En fait, c’est Marion qui, au départ, a flashé sur la personnalité flamboyante d’Alexia, une cauchoise pure souche à la répartie claquante, avant même qu’elle ne s’adonne aux joies du « sirénage ». De mon côté, c’est le jour où elle a sacrifié toutes ses économies pour s’acheter une nageoire de sirène que j’ai été convaincue par l’idée de faire un documentaire sur elle. Et c’est en suivant Alexia, qu’on a découvert l’univers du « mermaiding ».
Marion : On a commencé à la filmer alors qu’elle s’exerçait depuis quelques mois, dans la Manche et en piscine. Peu de temps après le début du tournage, Alexia a entrepris de s’inscrire à une compétition de sirène : le Miss Mermaid. Alors on s’est dit qu’on allait suivre sa préparation sur une année jusqu’au concours. On s’est lancées toutes seules, sans production, ni budget ! On a écrit et trouvé une production en cours de route. On était vraiment une toute petite équipe et c’était génial… Pour finir, le documentaire a été co-produit par France 3 Bretagne, sélectionné au Fipadoc et diffusé sur France Télévision.
Pourquoi avez-vous eu envie, quelques années plus tard, de vous saisir à nouveau de cette histoire mais par le biais de la fiction ?
Pauline et Marion : Parce que tout, dans cette histoire et ce parcours, nous semblait posséder les ingrédients d’une fiction. Le moment de l’écriture a d’ailleurs été un jeu de tricotage constant entre le réel et l’imaginaire. On a ainsi pas mal sollicité Alexia pour la pratique du « mermaiding » et pour que le personnage de Fanny sonne juste. On s’est aussi beaucoup inspirées de figures fécampoises pour les personnages secondaires, notamment pour le personnage de Tintin, son camarade pêcheur… Reste que Fanny comme Tintin sont très différents de leurs « modèles » d’origine. Et dans leur apparence, et dans leurs trajectoires.
Pauline : La fiction nous a permis d’aller plus en profondeur dans l’intimité de nos personnages, singulièrement celui de Fanny. Elle nous a permis d’évoquer des choses qu’Alexia n’avait pas forcément envie d’aborder. Et puis, d’une façon plus symbolique, la fiction colle bien avec ce que le « mermaiding » représente pour nous, à savoir un besoin de travestissement et une mutation d’identité. Une dimension un peu queer, dans le sens « non normé »… Cet aspect-là est vraiment très important pour nous.
Le « mermaiding » – ou « sirénage » en français – tel que vous le représentez dans votre film est assez loin, en effet, de l’image de LA PETITE SIRÈNE de Disney. Doit-t-on y voir, en creux, un message politique de votre part ?
Marion et Pauline : Tout à fait. On s’est beaucoup inspirées du côté ultra inclusif du « mermaiding » américain. Pour nous, il y a une vraie dimension identitaire dans cette pratique. D’ailleurs, dans le milieu, on ne se déguise pas en sirène, on devient une sirène. Tout ça est assez bien raconté dans la série documentaire MerPeople sur Netflix. Et puis le « mermaiding » possède cette dimension très queer où toutes les marginalités et tous canons de beauté se retrouvent. Ce mouvement connait un fort impact, aux États-Unis comme en Asie, et est largement amplifié aujourd’hui par les réseaux sociaux. En France, où l’on ne compte que 3 ou 4 sirènes professionnelles, c’est sans doute un peu moins développé… mais les choses ont tendance à évoluer, notamment avec le concours de Miss Mermaid…
La femme-sirène est un mythe qui traverse les époques et s’est décliné de bien des façons, en littérature puis au cinéma, de L’Odyssée d’Homère à La Petite sirène d’Andersen, en passant par SPLASH de Ron Howard (1984). Que représente-t-il pour vous ?
Pauline et Marion : C’est un mythe très inspirant pour nous. Une figure féministe très importante de la mythologie. La Petite Sirène d’Andersen, et de Disney donc, ont fait d’elle une femme relativement soumise, qui se sacrifie pour son prince. Par ailleurs, la sirène est une femme damnée par les hommes, systématiquement rattachée à eux, qu’elle vive en communauté ou en solitaire. Mais c’est aussi une femme qui, dans maintes histoires, cherche à prendre sa revanche sur les hommes. Elle est à la fois sensuelle et cruelle, comme dans L’Odyssée. Pour nous, il y a en elle une puissance féministe évidente.
Pauline : D’ailleurs on a construit la trajectoire de Fanny à l’opposé de celle de la petite sirène d’Andersen et de Disney ! Il était capital pour nous, par exemple, qu’elle ne noue pas de relation amoureuse au cours de son « voyage ». Ce qu’elle fait dans sa vie, elle le fait pour elle.
Marion : On a aimé l’associer, aussi, à ces figures de femmes qui ne veulent pas d’enfant. Il y a même quelque chose de très symbolique dans le fait d’enserrer ses jambes dans une nageoire, donc de les fermer, non ? Une sirène n’enfante pas !
Parlons plus avant, justement, de Fanny, votre héroïne. Que vouliez-vous raconter, au fond, à travers cette jeune trentenaire, issue d’un milieu modeste, et de son rêve de sirène ?
Marion et Pauline : MISS MERMAID raconte l’histoire d’une fille qui sort des rails. Une fille décalée à tout point de vue, familial, professionnel, etc. Elle travaille en tant qu’employée de ménage, de nuit, dans une conserverie de poisson, elle s’est mariée très jeune, à 19 ans, sans trop réfléchir, et la voilà qui fait une crise, à mi-chemin entre la crise d’ado et la crise de la quarantaine à 32 ans ! En plein divorce, elle retourne vivre chez ses parents et c’est comme un nouveau départ pour elle. Femme discrète au départ, en décalage de toute façon puisqu’elle travaille de nuit, elle va s’émanciper et devenir de plus en plus visible. D’abord en se couvrant de paillettes, en teignant ses cheveux en rose et en se dénudant, puis en s’assumant de plus en plus. Au fond, MISS MERMAID est un récit d’affirmation de soi. Par-delà la transformation physique de Fanny, on le voit aussi dans son choix d’acheter une nageoire à plusieurs milliers d’euros alors qu’elle vit sur le fil, financièrement parlant. Une hérésie quand on est, comme elle, endettée ! Mais c’est sa façon de survivre. Mieux encore : avec cette nageoire, elle choisit d’investir dans le désir de vivre. Et peu importe qu’elle gagne ou pas le concours à la fin de son périple : ce qui compte, c’est le chemin.
Pourquoi avez-vous choisi le registre de la comédie sociale, cher au cinéma britannique, pour dérouler l’histoire de votre sirène normande ? Par goût personnel ? Parce que le « mermaiding » est anglo-saxon à l’origine ?
Marion : Ce qu’on aime, nous, c’est le décalage entre le burlesque et le social. Celui qu’on retrouve dans des films comme LES VIRTUOSES (1997), THE FULL MONTY (1997) ou PRIDE (2014). D’un côté il y a cet ancrage social et, de l’autre, des personnages que l’on n’attend pas à cet endroit. Ce contraste créé un comique libérateur qu’on apprécie particulièrement.
Pauline : On a aussi choisi ce registre parce qu’il y a une vraie histoire ouvrière à Fécamp. Notamment à travers les Terre-Neuvas, ces pêcheurs qui partaient six mois en mer pour aller pêcher la morue au large du Canada. Fécamp a été l’un des premiers ports morutiers d’après-guerre. Jusqu’en 1987, où la pêche dans les eaux de Terre-Neuve a alors pris fin. De fait, avec la désindustrialisation des années 80 et 90, la région a connu un vrai déclin. Vu le contexte, ce n’est pas un hasard si notre Fanny travaille de nuit comme agent d’entretien dans une usine de transformation de produits de la mer… Un boulot rude, entre les odeurs et le fait qu’elle se retrouve trempée chaque nuit de la tête aux pieds, en dépit de son harnachement, par une eau à 5°C…
D’ailleurs l’eau est un motif constant dans votre film, voire un fil rouge que l’on perçoit aussi bien à l’image qu’à travers le son…
Pauline : L’eau est partout à Fécamp. D’abord il y a cette atmosphère humide, pluvieuse, et puis, comme on l’a dit précédemment, c’est une ville tournée vers la mer. En fait, ce motif de l’eau, essentiel, nous a permis de raconter l’évolution de Fanny autrement, sans passer par les dialogues ou par des explications. Au départ l’eau très froide, est un calvaire pour elle, et puis, petit à petit, grâce au « mermaiding », elle devient un refuge…
Marion : Dans la première partie du film, nous filmons l’eau en surface, dans un rapport presque chaotique. Puis, progressivement, nous entrons en immersion. L’eau devient un lieu d’apaisement où le corps s’allège et le temps s’arrête. Cet effet « sensoriel » passe aussi, bien évidemment, par le travail du son. Nous tenions à faire exister l’eau dans chaque scène ou presque, même de façon inconsciente. Ainsi, la présence d’un verre d’eau dans un plan ou les pas sur un sol humide ont été particulièrement accompagnés en bruitage…
La narration de votre récit combine deux approches successives. Le film démarre dans une ambiance réaliste, presque documentaire, et se termine dans une atmosphère de conte, à la fois fantaisiste et queer. Que vouliez- vous raconter à travers cette progression ?
Pauline et Marion : Vous avez raison, il y a une progression dans notre façon de raconter cette histoire… En fait, nous avons pris le parti de décoller du réel au fil de la narration : la réalité sociale glisse doucement dans la fantaisie à mesure que Fanny avance dans son rêve. Nous nous extirpons avec elle de son quotidien et entrons dans une sorte de réalisme poétique.
C’est d’ailleurs par l’image et son traitement minutieux, bien plus que par les dialogues, que se joue la métamorphose de Fanny…
Pauline et Marion : Tout à fait ! On a particulièrement travaillé la colorimétrie. Au début du film, les couleurs existent dans une palette restreinte entre le gris métallisé et le vert d’eau. Puis, Fanny se teint les cheveux en rose et ses vêtements sont de plus en plus colorés. La couleur arrive progressivement, à travers elle. Enfin, à son arrivée à Bilbao, où se déroule le concours de Miss Mermaid, tout s’éclaire. C’est une autre mer, la Méditerranée, et c’est une autre lumière : tout s’agrandit. Jusqu’à l’épilogue où l’on plonge alors dans un univers pailleté, kitsch et luminescent…
Ce qui reste le plus frappant, néanmoins, ce sont les plans en mer ou sous-marins qui jalonnent votre récit. Vous n’avez pas choisi la facilité pour votre première… immersion dans la fiction !
Marion et Pauline : Fraîcheur du premier film oblige, on ne s’était mis aucune limite à l’écriture du scénario ! Le tournage s’est déroulé en Normandie, dans le pays de Caux, entre septembre et mi-octobre et l’on a commencé par les séquences en mer, pendant dix jours. On voulait profiter de la fin d’été… Mais ça n’a pas été de tout repos. On a eu droit à des tempêtes, une panne de bateau, un démâtage, un remorquage sous l’orage, des méduses, beaucoup d’infiltrations d’eau dans le matériel, beaucoup d’oxydation de câbles… et l’eau froide bien sûr !
Tout cela a dû mettre votre équipe technique à rude épreuve, non ?
Pauline et Marion : On a eu cette chance que Nastasja Saerens, notre cheffe opératrice, vienne du documentaire et n’ait pas peur de mouiller sa chemise, littéralement ! Pour les plans dans la cuve de l’usine par exemple, elle était dans l’eau, à la surface… Quant à ceux avec le karcher, lorsque Fanny procède au nettoyage dans l’usine, elle était carrément en première ligne, couverte de la tête aux pieds ! Les plans sous l’eau, en revanche, ont été filmés par deux cadreurs spécialisés, dont un dans les grands cétacés. Reste que l’on a tous dû enfiler une combinaison pour aller à l’eau, que ce soit l’ingénieur du son, nous deux, et bien d’autres encore… En clair, le tournage a été assez épique, avec une équipe heureusement prête à vivre l’aventure ! Tout le monde a beaucoup donné, du côté des techniciens comme de celui des comédiens.
A commencer par Aloïse Sauvage, qui incarne avec beaucoup de conviction- et de puissance – le personnage d’abord flottant puis très volontaire de Fanny, non ?
Marion et Pauline : Aloïse est une bosseuse acharnée, d’une discipline et d’une rigueur formidables. Au départ, nous n’avions pas mesuré à quel point ce rôle allait être un défi physique : la nage avec une monopalme de 14kg, l’eau froide, la Manche et sa houle… On s’est vite rendues compte qu’il allait falloir cadrer le tournage pour ne pas épuiser Aloïse. On a notamment décidé de mettre un minuteur pour qu’elle ne reste pas plus de 20 minutes dans l’eau, ce qui est déjà long pour la Manche… Bien sûr, elle avait une doublure, Ingrid Fabulet, sirène professionnelle et directrice du concours Miss Mermaid France dans la vraie vie. Mais Aloïse tenait absolument à exécuter un maximum de séquences aquatiques elle-même. Elle a impressionné toute l’équipe, c’est une grande sportive… en plus d’être une super comédienne bien sûr !
On ne savait d’ailleurs rien de ses capacités sportives au moment du casting, elle nous a d’abord tapé dans l’œil pour la subtilité de son jeu. Par la suite, elle s’est entraînée pendant 8 mois pour arriver à nager avec une nageoire et effectuer différentes figures dans l’eau. Elle a même passé sa licence d’apnée. Pour le bisou-bulle, à la fin du film, elle nous a carrément bluffées, il était parfait ! Mais il n’y a pas eu que la préparation physique : on a répété, fait des lectures en amont avec elle, parlé pendant des heures de la trajectoire de son personnage. Un lien fort s’est créé, elle est devenue notre amie. Bref, elle a réalisé une vraie performance dans ce rôle.
Les personnages secondaires, et leurs interprètes, participent de ce sentiment de lien, et même de collectif, qui infiltre peu à peu votre récit. L’alchimie entre Aloïse Sauvage et la petite bande improbable formée avec Thomas VDB et Annie Mercier est réelle. Idem avec Alison Wheeler. Pourtant, ils viennent tous d’horizons différents. Comment avez-vous procédé ?
Pauline et Marion : C’est vrai qu’ils n’ont presque rien en commun ! Annie vient du théâtre, Aloïse – avant d’être actrice – est une performeuse et une chanteuse, et Thomas – avant d’être acteur – est journaliste et humoriste.
Ça ne les pas empêché de bien fonctionner ensemble : nous sommes même convaincues que leurs différences font la force du trio ! Thomas a été littéralement catapulté sur le projet, à un mois et demi du tournage. Il a donné un nouveau souffle au personnage de Tintin, à coup d’humour et d’improvisation. Au même titre qu’Alison, qui incarne Anémone, la sirène professionnelle que Fanny suit sur les réseaux sociaux. Grâce à elle, ce personnage est devenu une sirène pétillante et pleine d’autodérision. Alison a pas mal improvisé elle aussi. Nous l’avons laissé faire, en essayant de glousser le plus discrètement possible pour ne pas gâcher les prises !
Autre pièce essentielle de votre dispositif : la musique signée Le Feste Antonacci. Cette B.O. originale accompagne avec beaucoup de finesse, à grand renfort de synthé, de chœurs… et de bulles, le voyage de Fanny. Qui sont ses compositeurs mystérieux ?
Pauline : Ce sont deux Italiens, Giacomo Lecchi d’Alessandro et Leonardo Rizzi, qui vivent en France. Ils avaient écrit la musique de notre documentaire sur Alexia. On a eu grand plaisir à les retrouver. Leur musique nous a beaucoup aidées à ancrer le côté « fable » et fantaisiste du film. On aime particulièrement les chœurs d’hommes, qui apportent du second degré à cette histoire de sirène normande…
Marion : En plus de cet aspect « conte de fée », on a travaillé avec eux une dimension plus sensorielle, avec un mélange de souffles, de voix, de bruitages… L’idée était de renforcer les sensations vécues par Fanny en plongeant le spectateur dans une expérience proche de l’ASMR, en particulier lorsqu’elle s’immerge.
Marion et Pauline : Et puis il y a la chanson de Jeanne Moreau, Adieu ma vie, joyeusement impertinente. On l’avait déjà glissée dans notre documentaire. Là, Aloïse en fait même une reprise pour le générique de fin. Jeanne Moreau est une actrice et une figure très inspirante pour nous. On aime l’idée de lui rendre ce petit hommage.