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WET MONDAY

Fiction / Pologne, Estonie, Tchéquie

Klara, 15 ans, doit faire face à un traumatisme qui s’exprime par une soudaine phobie de l’eau. Elle peut compter sur le soutien de Diana, sa nouvelle amie. Une histoire teintée de magie sur la puissance de l’empathie et de la sororité, au cœur des célébrations colorées de Pâques en Pologne.

Année

2024

RÉALISATION

Justyna MYTNIK

SCENARIO

Justyna MYTNIK, Rosanna HALL, Monika DEMBINSKA

AVEC

Julia POLACZEK, Nel KACZMAREK, Weronika KOZAKOWSKA, Jowita BUDNIK, Maja KLESZCZ

FICHE TECHNIQUE

1h27 - Couleur - Dolby Digital 5.1

DATE DE SORTIE

2 Avril 2025

HORAIRES DU 2 AU 8 AVRIL 2025

Mer 2 • Ven 4 • Sam 5 • Dim 6 • Mar 8 : 15h35 (SAUF SAMEDI), 20h30
Jeu 3 • Sam 5 • Lun 7 : 17h00
Jeu 3 : 12h20
Lun 7 : 12h05, 20h00
Mar 8 : 12h15

PREMIÈRE | MERCREDI 2 AVRIL À 20H30

Première « Wet Monday » à 20h30 suivie d’un débat en présence de la réalisatrice du film Justyna Mytnik.

BIOGRAPHIE DE LA RÉALISATRICE

Réalisatrice et scénariste polonaise, Justyna Mytnik est diplômée en réalisation de l’École nationale supérieure de cinéma, télévision et théâtre Leon-Schiller de Łódź et a obtenu une maîtrise en histoire de l’art et en littérature anglaise à l’Université d’Édimbourg. Elle a reçu une bourse du Ministère de l’Education pour ses réalisations remarquables. Ses courts-métrages ont été projetés dans de prestigieux festivals internationaux, dont celui de Clermont-Ferrand. Son documentaire « How to Become a Pope? » a reçu le prix du meilleur documentaire au festival du film de Varsovie, et « Apocalypse » a été primé à FEST, Roja, Cinemaiubit… « Wet Monday » est son premier longmétrage.

ENTRETIEN AVEC LA RÉALISATRICE

Pourquoi avez-vous choisi d’utiliser la magie et le folklore pour raconter une histoire ancrée dans la réalité ? 

 

Ma fascination pour le folklore et les contes de fées vient de mon intérêt pour l’analyse des mythes et des rituels féminins. Dans Wet Monday, j’ai voulu explorer l’intersection entre la déesse païenne Marzanna et la Vierge Marie catholique, en me demandant où un système de croyance se termine et où l’autre commence. La magie et le folklore m’aident à raconter des histoires difficiles de manière symbolique et émotionnelle, en laissant au public l’espace nécessaire pour sa propre interprétation.

 

Comment vous est venue l’idée d’une phobie de l’eau comme réponse à un traumatisme ? 

 

Cette idée est née après une consultation sur le scénario avec une psychothérapeute. Elle a aimé le scénario, mais l’aspect du corps dans l’histoire lui manquait. La spécialiste a indiqué que les victimes de viols ne subissaient pas seulement des conséquences psychologiques, mais qu’elles vivaient aussi leur corps différemment. 

 

Pourquoi avez-vous choisi de situer l’histoire pendant le Lundi de Pâques ?

 

Le lundi de Pâques était une fête importante de mon enfance, passée avec mes grands-parents en voïvodie des Basses-Carpates. Je me souviens d’avoir couru avec mes amis, de m’être trempé les uns les autres avec de l’eau – c’était de la pure rigolade. Mais en grandissant, j’ai réalisé que cette tradition avait deux visages : la joie et l’agressivité. Je voulais saisir cette tension entre le jeu et le potentiel de violence caché dans les coutumes culturelles. Dans mon film, l’eau est à la fois un outil de violence et un symbole de catharsis. Je voulais montrer comment le traumatisme peut être lié à des rituels apparemment innocents, transformant ainsi leur signification. 

 

Comment avez-vous rencontré vos jeunes actrices ?

 

Julia Polaczek et les autres actrices ont été choisies deux ans avant le début du tournage. Pendant cette période, nous avons travaillé ensemble sur le scénario, participé à des ateliers d’art dramatique et partagé nos idées sur les personnages.

Julia s’est profondément impliquée dans son rôle de Klara – elle a même conservé un dossier personnel contenant les dessins de « Klara », des coupures de journaux et des plantes séchées. Elle a également écrit une chanson du point de vue de son personnage. 

 

La fin de l’histoire était-elle une évidence ou avez-vous réfléchi à d’autres possibilités ? 

 

L’idée de la fin du film a évolué à plusieurs reprises. La scène finale, où les filles « respirent ensemble » autour d’un feu, est issue de mes souvenirs personnels de rituels avec mes amies. Je savais que je voulais terminer le film sur un sentiment de communauté et de force intérieure. 

 

Quelle est la chose la plus importante que vous ayez apprise sur la réalisation d’un film en travaillant sur Wet Monday ? ….

 

La plus grande leçon que j’ai tirée de cette expérience a été de réaliser que l’écriture sur les traumatismes est un processus long et difficile – cela m’a pris sept ans. J’ai également appris à faire confiance à ma voix et à ne pas avoir peur de raconter des histoires féministes et émancipatrices, même si elles se heurtaient au départ au scepticisme de l’industrie cinématographique polonaise. … 

 

Quelle a été la scène la plus difficile à tourner ? 

 

L’une des scènes les plus difficiles a été celle des tunnels, où Klara affronte son traumatisme. Nous avions une équipe très réduite, un environnement difficile et une scène chargée d’émotion. Cependant, je crois que ces difficultés nous ont aidés à créer une scène très forte, car l’atmosphère était très intime. Julia Polaczek avait l’espace nécessaire pour être seule, en silence, entre les prises de vue.

 

Était-il important pour vous de transmettre à un jeune public l’idée que la sororité est essentielle ? 

 

Le film est né de ma soif de rituels et de solidarité féminine, qui me semblent essentiels pour surmonter des expériences difficiles. C’est pourquoi la relation entre Klara et Diana est devenue un élément central de l’histoire. 

 

Pourquoi avez-vous choisi de situer votre histoire dans un milieu rural ? 

 

Il était important pour moi que la protagoniste vive dans une communauté où elle ne peut pas être anonyme. Tout le monde connaît sa mère et fait du commérage. La pression sociale accroît le sentiment de honte que ressent Klara.

 

Quels sont vos prochains projets ? 

 

Pour l’instant, je me concentre sur la réception de Wet Monday, mais j’ai bien l’intention de continuer à explorer les thèmes de la spiritualité féminine, des mythes et de la rupture des tabous. Je m’intéresse à la manière dont les traditions anciennes peuvent être réinterprétées dans un monde moderne.