France 2026 : vivre sans emploi, ça peut arriver, mais sans aucun revenu… comment dire ?
France 2026 : vivre sans emploi, ça peut arriver, mais sans aucun revenu… comment dire ?
Première « Je veux bien » à 20h15 suivie d’un débat en présence de Boris Claret, Isabelle Dario et Vincent Glenn, réalisateurs du film et Vincent Lalouette, FSU emploi.
Mercredi : 20h15
Jeudi, Samedi : 18h00
Vendredi, Dimanche, Mardi : 16h45
Lundi : 14h55
France 2026 : vivre sans emploi, ça peut arriver, mais sans aucun revenu… comment dire ?
Votée en décembre 2023, la loi Plein emploi conditionne l’allocation du RSA au fait
d’apporter la preuve de “15 à 20 heures d’activités hebdomadaires”. Fortement troublés par cette conditionnalité imposée à des millions de personnes précaires, les auteurs du film se lancent dans une enquête et partent à la rencontre de personnes concernées à différents titres par les conséquences de cette loi.
Intentions des auteurs : au commencement, le projet de série De Base
En 2023, Boris Claret, Isabelle Dario et Vincent Glenn ont lancé le développement de la collection documentaire De Base. Première intention : mettre en lumière les fondements de la protection sociale en France, comprendre ses récentes régressions et participer à une réflexion sur ce que pourrait être, tout à fait dans un autre sens, une sécurité sociale étendue. Je veux bien est le premier opus de cette collection.
Les questions originelles étaient : comment améliorer la situation dans un pays comme la France marqué par un chômage structurel massif ? Que deviennent le « travail » et le « social » au sein d’une économie à la fois globalement très riche et violemment inégalitaire ? Quand la Loi plein emploi a été appliquée, en janvier 2025, cette volonté initiale de réaliser une série au long cours a été percutée par l’actualité : l’imposition de « 15 à 20 heures d’activités hebdomadaires » a été assez largement médiatisée, mais qu’est-ce que ça veut dire concrètement ? De quelles activités parle-t-on ? Qu’implique le « décret sanction » entré en vigueur en juin 2025 ? Je veux bien est né en cherchant à documenter ces questions.
Quelle est l’origine du projet ?
VINCENT : On se connaissait depuis un certain nombre d’années mais sans beaucoup se voir, Isabelle et Boris habitant à Toulouse et moi à Montreuil… Des circonstances ont fait qu’on s’est rapprochés, c’était un peu avant la réélection d’Emmanuel Macron. Dans ce contexte, on constatait tous les trois une tendance politique qui ne faisait que s’amplifier depuis des décennies : le démantèlement du programme du Conseil National de la Résistance, explicitement souhaité par Denis Kessler lorsqu’il comptait parmi les dirigeants MEDEF. À la sortie de la guerre, dans une France ruinée, une alliance improbable allant des gaullistes aux communistes avait réussi à créer la sécurité sociale. En 2022, dans un pays pourtant devenu très riche, des discours incriminant la sécu et les dépenses sociales avaient gagné les esprits, avec l’idée que “ça coûte un pognon de dingue”.
ISABELLE : Le point de départ, c’est qu’on était tous les trois sidérés face à ce constat : un pays qui n’a jamais accumulé autant de richesses … et qui laisse des millions de personnes dans la précarité.