Une carte de Gaza, ses villes, camps et quartiers. Peinture blanche sur un sol noir. Dans les contours tracés sommairement, neuf réfugiés qui ont pu échapper à l’enfer, racontent.
Une carte de Gaza, ses villes, camps et quartiers. Peinture blanche sur un sol noir. Dans les contours tracés sommairement, neuf réfugiés qui ont pu échapper à l’enfer, racontent.
Mercredi, Dimanche : 12h25
Lundi : 17h55
Une carte de Gaza, ses villes, camps et quartiers. Peinture blanche sur un sol noir. Dans les contours tracés sommairement, neuf réfugiés qui ont pu échapper à l’enfer, racontent. Leurs vies d’avant, la perte des êtres chers. Des existences oppressées, mais pas encore réduites en cendres. En partageant leurs récits, les protagonistes tentent de se reconnecter à eux-mêmes, de cesser d’être des fantômes. De revenir, peut-être, à la vie.
Né en 1964 à Genève. Après un Bachelor en cinéma à l’UQAM à Montréal, il est réalisateur à la Radio Télévision Suisse de 1992 à 1996. En 1997, son premier long métrage, Clandestins, est sélectionné au Festival de Locarno. En 2003, il crée Akka Films où il produit depuis des documentaires et fictions, et réalise notamment Aisheen (2010), primé aux festivals de Berlin et de Nyon, et Opération Libertad (2012), sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes et à Locarno, ou encore Spartiates (2014), primé aux Journées de Soleure. L’Apollon de Gaza lui permet de renouer en 2018 avec la Palestine, une région du monde dont il a souvent témoigné de la réalité complexe. De 2019 à 2023, il a été responsable du Département Cinéma de la HEAD-Genève. En 2025, il a également co-réalisé « UNRWA, 75 ans d’une histoire provisoire » avec Lyana Saleh.
A quel moment avez-vous ressenti la nécessité de faire ce film ?
Le terme de nécessité, presque d’obligation, est très juste. Ce film s’est imposé à moi. Quand le 7 octobre a eu lieu, je travaillais sur une fiction qui se déroule à Marseille. Ce jour-là, je me suis trouvé dans un état complet de sidération, d’effroi et de profonde tristesse. Puis, la riposte fut si massive et effrayante qu’au fur et à mesure des jours, les mots manquaient pour pouvoir la décrire, et plus encore la penser, l’envisager. Comme beaucoup, je me suis trouvé envahi, habité par le sentiment que l’on était en train d’assister à quelque chose qui était bien plus qu’une guerre, bien plus qu’une réponse aux massacres du 7 octobre. Et que cela allait modifier historiquement la région, sinon annoncer quelque chose de plus dramatique
encore.
J’étais incapable de me départir de cette anxiété à laquelle venaient se mêler le désespoir, la colère, mais aussi un sentiment de trahison de la part de gens qui nous entourent, qui refusaient d’en parler, de relayer, et même de croire aux images insoutenables qui nous parvenaient de Gaza. Certains sont allés jusqu’à les qualifier d’image de propagandes du Hamas alors qu’elles témoignaient d’une tragédie historique.
D’autres, sans jamais valider complètement ce qui se passait à Gaza, se sont tus, ont regardé ailleurs, démontrant que de cette tragédie historique, ils pouvaient tout à fait s’en accommoder.