Loading...

WHEN THE LIGHT BREAKS

Fiction / Islande, Pays-Bas, Croatie, France

Le jour se lève sur une longue journée d’été en Islande. D’un coucher de soleil à l’autre, Una une jeune étudiante en art, rencontre l’amour, l’amitié, le chagrin et la beauté.

Année

2024

RÉALISATION

Rúnar RÚNARSSON

SCENARIO

Rúnar RÚNARSSON

AVEC

Elín HALL, Mikael Emil KAABER, Katla NJAÁLSDÓTTIR

FICHE TECHNIQUE

1h20 - Couleur - Dolby Digital 5.1

DATE DE SORTIE

19 Février 2025

HORAIRES DU 26 MARS AU 1ER AVRIL 2025

Mercredi : 12h25

BIOGRAPHIE DU RÉALISATEUR

Rúnar Rúnarsson fait ses débuts dans le cinéma en 2011 avec la présentation de son premier long-métrage VOLCANO à la Quinzaine des réalisateurs de Cannes. Le film reçoit 17 récompenses dans un grand nombre de festivals internationaux. Son deuxième long-métrage, SPARROWS (2015), bénéficie aussi d’une carrière brillante en festival : lauréat de 20 prix, il se voit notamment décerner la Coquille d’or, la récompense suprême du Festival international du Film de San Sebastián. Quatre ans plus tard, après avoir été sélectionné pour l’Atelier du Festival de Cannes, il dévoile son troisième long-métrage ECHO au Festival du Film de Locarno, qui remportera 6 récompenses à l’internationale. En parallèle, Rúnar Rúnarsson s’est distingué par ses courts-métrages. Sa trilogie de destins à la croisée des chemins, composée de THE LAST FARM (nommé aux Oscars en 2006), 2 BIRDS (en sélection officielle à Cannes et aux Prix du cinéma européen en 2008) et ANNA (Quinzaine des réalisateurs), a reçu plus de 100 récompenses dans le monde.

ENTRETIEN AVEC LE RÉALISATEUR

Cela fait-il longtemps que vous songiez à explorer ces thèmes ? Cette histoire est-elle inspirée d’expériences personnelles ? 

 

Tous mes films sont personnels. J’ai décidé de ne pas révéler ce qui s’inspire de ma réalité ou de mon interprétation de la réalité… D’autres que moi peuvent poser sur les mêmes événements un regard différent. Tout ce que j’écris, je le tire de mon vécu ou de ce qu’on m’a raconté, puis je mélange tout. Ce sont des thèmes auxquels je réfléchis depuis plus de 20 ans. En tant qu’auteur, il est important pour moi de me demander : « Pourquoi est-ce que je fais ce que je fais ? » Je cherche à mieux me comprendre moi-même. 

 

Dans ce film, un groupe d’amis est bouleversé par un deuil privé qui se trouve aussi être un événement national. La population toute entière a besoin de faire son deuil. Qu’est-ce qui vous intéressait dans cette dualité ? 

 

C’est vraiment étrange quand un événement se produit à la fois sur une grande et sur une petite échelle : en général, les gens font preuve de bonté et de compassion entre eux, ils essaient de se soutenir. Malgré tout, la vie continue et personne ne sait en réalité ce que vous ressentez ou ce que vous traversez. D’une certaine manière, notre personnage principal, Una, est à la marge des événements. Elle n’occupe pas la place qu’elle mérite, parce qu’elle porte en elle un secret. On a l’habitude de récits presque bibliques, avec un message unique. Mais dans la vraie vie, rien n’est tout blanc ou tout noir, c’est une zone grise. Nous cheminons dans la zone grise de la vie en permanence. La sphère qu’explore le film est une zone grise. Ce qui semble bien défini à première vue peut cacher une autre facette. 

 

Quelque chose d’horrible en apparence peut refléter une immense beauté si on prend la peine d’aller voir au-delà. Cela étant dit, cela reste un film relativement simple. Il prend place l’espace d’une journée, où on voit notre protagoniste et les gens qui l’entourent affronter cet événement, avec les conflits intérieurs qu’il fait naître chez eux. 

 

Saviez-vous depuis le début que le film serait délimité par ces deux couchers de soleil ? 

 

Oui, je savais que le film tiendrait sur une seule journée, pour faire sentir le passage du temps. De nombreuses scènes ont été filmées en une prise. Je souhaitais qu’on sente cette journée qui s’écoule, qu’on soit au plus près d’Una et de cette journée dans laquelle elle baigne. En temps normal, on verrait aussi la montée en puissance et les conséquences de cette journée, que ce soit le plus beau jour d’une existence ou le pire : la construction fonctionne pour les deux sentiments. De mon côté, je voulais saisir la réalité en mouvement.

 

Una est le personnage principal, mais elle se retrouve projetée au milieu d’un groupe d’amis proches, dont certains qu’elle rencontre pour la première fois ce jour-là. Pourquoi avoir désiré explorer cette dynamique de groupe ? 

 

C’est à cause du secret qu’elle porte – chaque ami entretient son propre rapport avec l’événement, un rapport intime, et il était crucial pour moi que les autres ne sachent pas exactement comment Una se positionne par rapport à l’événement. Les relations interpersonnelles sont souvent réduites à la rivalité entre individus, alors que nous sommes tous des êtres humains, aux prises avec les mêmes émotions. 

 

Elín Hall est remarquable dans le rôle d’Una. Comment l’avez-vous découverte et comment avez-vous travaillé avec ce groupe de jeunes acteurs ? 

 

C’est pour le tournage d’ECHO (2019) que j’ai travaillé pour la première fois avec un directeur de casting. Avant ça, je faisais tout moi-même. J’ai débuté une collaboration fructueuse avec Vigfús de Doorway Casting ici en Islande et nous avons procédé au casting un an avant le tournage du film. L’Islande est bourrée de jeunes comédiens talentueux. J’ai découvert Elín quand elle a commencé à se faire connaître au théâtre à l’âge de 15 ans. Elle a failli représenter l’Islande à l’Eurovision avec une chanson qu’elle avait composée elle-même. Ensuite, Baldvin Z lui a donné le premier rôle dans LET ME FALL (2018). Elle terminait ses études de théâtre quand elle est venue passer une audition pour WHEN THE LIGHT BREAKS. Chez mes comédiens, je cherche toujours des personnes capables de s’exprimer sans paroles, ce qui est plus facile à dire qu’à faire.

 

Le film déploie un langage visuel très marquant, avec à la fois des motifs saisissants de grande ampleur et des moments intimes au plus près des personnages. 

 

On suit une personne et un petit groupe aux prises avec le monde, donc on doit voir leur monde, leur société. L’échelle contribue à créer un sentiment de réalisme. Quant à la poétique, aux motifs visuels, ils représentent la vie intérieure des personnages dépeints. Il y a mille manières de faire un film. J’ai besoin de me surprendre, et de surprendre mes collaborateurs, de nous emmener à un autre niveau, de ne pas nous contenter d’enregistrer le récit. Pour Una, cette journée, ce sont des montagnes russes. Les moments de magie côtoient les moments d’horreur. Quand on est à ce point sous pression, ce qui peut vous faire pleurer peut vous faire rire en même temps.

 

SPARROWS (2015) était le récit d’apprentissage d’un jeune garçon : vous avez un intérêt particulier pour la jeunesse ? 

 

Quand on a 22 ans, on n’est plus un enfant. On est adulte, mais dans la première phase de sa vie d’adulte. On peut parler d’apprentissage, mais dans une vie, chaque changement est un apprentissage. VOLCANO (2011) était le récit d’apprentissage d’un homme de 67 ans. Dans ce film, des jeunes gens font face au premier grand défi de leur vie d’adulte, à un moment où ils se croient invincibles. Ils essaient de découvrir qui ils sont, ils ne sont pas totalement formés en tant que personnes, sans être naïfs pour autant. Ils savent que le monde est complexe. Una est une jeune femme d’une très grande force, dure à l’extérieur, mais qu’on sent toute petite et fragile à l’intérieur.

 

Dans les deux premières scènes, on perçoit presque instantanément une très grande intimité entre Una et Diddi. Comment avez-vous réussi à l’exprimer aussi efficacement ? 

 

Nous avions peu de temps pour montrer la nature de leur relation, il fallait toucher juste. Tous deux sont d’excellents acteurs et des êtres humains incroyables, et ils ont su puiser en eux pour incarner ces émotions bien réelles. Ils m’ont parlé des personnes qui partagent leur vie, ils ont échangé sur le sujet, et ça les a aidés à exprimer des sentiments dont ils étaient familiers. Ils savent ce qu’est l’amour. La lumière est extraordinaire dans ce film, en particulier les deux couchers de soleil. Elle est même présente dans le titre. 

 

Pourquoi avoir pensé à la lumière dans ces moments-là ? 

 

Ces personnages sont au seuil de l’âge adulte ; c’est la fin du printemps, le début de l’été, quand le soleil descend longuement sur l’horizon ; il y a une certaine énergie dans l’air. La lumière représente la promesse de la vie, la promesse de l’été. Elle reflète leur âge et l’avenir qui s’étend devant eux. Nous avons eu beaucoup de chance pour le tournage de ces scènes, en particulier au bord de la mer.

CE QU'EN DIT LA PRESSE

CAHIERS DU CINÉMA

La force du film : celle d’installer dans la douleur un temps aussi doux qu’inéluctable, les personnages évoluant presque par le rythme naturel de la mise en scène là où les coups de scénario auraient été si facilement applicables.

 

FRANCEINFO CULTURE

Avec grâce et intelligence, Rúnar Rúnarsson relate ce moment où le drame prend le dessus sur l’insouciance de la jeunesse.

 

L’HUMANITÉ

Un magnifique récit d’apprentissage.

 

LE FIGARO

Un film âpre et éclatant.

 

LE JOURNAL DU DIMANCHE

Un film est d’une rare délicatesse, refusant le pathos sans empêcher l’émotion dans une mise en scène épurée mais inspirée, jusqu’à son beau final faisant écho à son ouverture pour conclure cette éprouvante journée entre ombre et lumière.

 

LE PARISIEN

Sublime sur la forme, très joliment interprété et contant une histoire singulière, ce long-métrage islandais multiplie les audaces et touche au cœur.

 

LES FICHES DU CINÉMA

Si sa mise en scène est un peu imposante, Rúnar Rúnarsson sait laisser transparaître et partager l’émotion sincère de ses jeunes personnages endeuillés.

 

SO FILM

Une œuvre puissante et peuplée de non-dits, où la pudeur de la mise en scène côtoie l’intense interprétation de ses comédiennes.

 

CRITIKAT.COM

When the Light Breaks table moins sur l’épanchement sentimental de ses personnages que sur une émotion plus retenue.

 

L’OBS

Dans cette parabole sur le destin, l’amitié, le deuil et la résilience, l’auteur du déjà très remarqué « Sparrows » (2016) compose par la seule beauté de sa mise en scène un chant funèbre et pourtant plein de vie.

 

LA CROIX

Une magnifique méditation sur le deuil et la vie qui continue.

 

LE MONDE

Avec ce quatrième long-métrage, le réalisateur Runar Runarsson reste fidèle à une esthétique – il tourne ses films en décor naturel, en un 16 mm dont il apprécie la sensibilité – autant qu’à une éthique : rendre compte, par les moyens du cinéma, de la complexité de l’expérience humaine.

 

LES INROCKUPTIBLES

Subtilement mis en scène.

 

TÉLÉRAMA

Un drame lumineux, entre épure et émotion.