Né le 25 janvier 1981 à Poznań en Pologne, Jan Komasa étudie le cinéma à l’école de Łódź avant de se faire remarquer dès 2011 avec La Chambre des suicidés, drame sur un adolescent reclus dans le monde virtuel après avoir été victime de harcèlement, qui rencontre un important succès critique en Pologne. Il enchaîne avec Miasto 44, fresque historique sur l’insurrection de Varsovie en 1944, avant de connaître une reconnaissance internationale majeure avec Corpus Christi en 2019, récit d’un jeune délinquant se faisant passer pour prêtre dans un petit village polonais, qui lui vaut une nomination à l’Oscar du meilleur film international. Il poursuit avec Sala samobójców. Hejter en 2020, thriller social sur la manipulation en ligne, confirmant son attachement à une œuvre engagée sur les fractures de la société polonaise contemporaine. Il continue depuis à développer des projets mêlant drame social et réflexion sur les dérives numériques.
Komasa revendique l’influence du cinéma polonais engagé, en particulier son goût pour les récits mettant en lumière les fractures sociales et religieuses de son pays. Il cite également l’influence du cinéma social européen contemporain pour sa manière de traiter des sujets sensibles comme le harcèlement en ligne ou la manipulation politique. Sa propre observation de la jeunesse polonaise confrontée aux réseaux sociaux nourrit directement des films comme La Chambre des suicidés et Hejter.